mardi 28 décembre 2010

LA DIRECTION DU PARTI COMMUNISTE SE RÉUNIT À TORONTO

(Traduction d’un article du numéro du 1-15 janvier 2011 de People's Voice)

Le Comité central du Parti communiste du Canada s’est réuni la fin de semaine des 27 et 28 novembre 2010 à Toronto.

Le rapport politique adopté par l'assemblée est maintenant en ligne à www.communist-party.ca. Le rapport souligne que « la poursuite de la crise capitaliste mondiale qui, désormais dans sa troisième année, ne montre aucun signe de ralentissement. L'impact de la crise, les mesures prises par la classe dirigeante pour surmonter la crise à leurs conditions et dans leurs intérêts, et la riposte de la classe ouvrière et de ses alliés qui se développe constituent ensemble la dynamique sociale et politique principale à tous les niveaux à travers le Canada et à l'étranger... »
Présenté par le leader du PCC, Miguel Figueroa, le rapport affirme que la «deuxième étape» de la crise économique est «susceptible d'être beaucoup plus longue et douloureuse que la première. » L'offensive capitaliste qui s’amplifie comporte davantage de licenciements massifs, de réductions de salaire, l'expansion de structures salariales à « deux vitesses » pour accroître l'exploitation, l'éviscération des régimes de retraite, et la baisse générale des revenus de la classe ouvrière. Partout dans le monde capitaliste, y compris au Canada, les gouvernements de droite et même sociaux-démocrates vont de l'avant avec des coupures dans les services publics, la privatisation et l'augmentation des frais pour l’utilisation de services essentiels.
Mais dans le même temps, «les secteurs organisée de la classe ouvrière dans un certain nombre de pays sont train de monter une résistance héroïque ... notamment en Grèce, en France, au Portugal, et maintenant en Irlande. »
Le rapport se penche sur des luttes importantes survenues au cours de 2010, comme la manifestation de masse en juin dernier contre le sommet du G20 à Toronto. Mais le mouvement de riposte, est-il noté, est entravé par les positions de certaines sections de la direction des syndicats: «C'est nettement évident lorsque des compromis et des concessions sans principes sont signés, laissant aux travailleuses et aux travailleurs le sentiment d’avoir été trahis et abandonnés par leurs dirigeants, ou lorsque des éléments de droite tentent de saboter la résistance que ce soit au travail ou dans l'action politique. »

Le phénomène croissant et dangereux du populisme de droite dans plusieurs provinces, comme la récente élection de Rob Ford à la mairie de Toronto, est examiné dans le rapport.

Une élection fédérale est fort probable en 2011, indique le rapport. La participation du Parti communiste à la campagne électorale impliquera la mise en candidature 20 à 25 candidates et candidats à travers le pays, promouvant de défaire les Conservateurs d’Harper, d’empêcher une majorité pour les partis des grandes entreprises, et de renforcer le soutien à « l’Alternative populaire» mise de l’avant par le Parti communiste.

Le CC a adopté un certain nombre de résolutions spéciales, appelant à la solidarité avec les travailleurs de l'acier en lock-out à Hamilton; au retrait immédiat de la mission militaire canadienne en Afghanistan; pour des mesures concrètes contre le changement climatique, et la défaite du projet de loi C-49, la législation des Conservateurs qui criminalise réfugiés. Une autre résolution énonce les activités pour célébrer le 90ième anniversaire du Parti communiste du Canada tout au long de 2011. Les détails de ces activités seront communiqués dans les prochains numéros de People’s Voice.
Les membres du CC ont pris part le Samedi soir à une activité sociale, tenue conjointement avec la Ligue de la jeunesse communiste, qui a recueilli des fonds pour aider à envoyer des déléguées-és au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants en Afrique du Sud.

vendredi 17 décembre 2010

Les délégués au 17e Festival mondial des jeunes contre le blocus de Cuba


A Tshwane, siège du 17e Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, les participants ont élevé leurs voix contre le blocus que les Etats-Unis imposent à Cuba.

Le rejet des politiques de blocus et des sanctions contre les peuples qui luttent pour obtenir ou préserver leur indépendance, a marqué la première journée de débats du Festival qui se déroulera à Pretoria jusqu’au 21 décembre.

Aleida Guevara, la fille du guérillero argentino-cubain Ernesto Che Guevara, a rappelé que Washington impose un siège économique, commercial et financier contre Cuba parce que cette île maintient sa volonté de rester libre.

Selon une dépêche de l’agence Prensa latina, Jayantha Welivita, secrétaire général de la Fédération communiste de la jeunesse du Sri Lanka, a qualifié de moralement inacceptable et illégales les sanctions et les provocations contre la République populaire démocratique de Corée.

Les délégués ont également exigé la cessation des agressions d’Israël contre le peuple palestinien, et des actions militaires violentes contre la République arabe sahraouie démocratique, et ils ont appelé à lutter contre l’impérialisme nord-américain.

La Foire de l’amitié, qui a été inaugurée mardi, propose aux délégués de l’artisanat et des produits typiques des 140 pays représentés. (AIN)

mardi 14 décembre 2010

Message aux participants au 17e Festival mondial de la jeunesse et des étudiants en Afrique du Sud

La Havane. 13 Decembre 2010

Compañeras et compañeros,

• C’EST pour moi un grand plaisir et un grand honneur d’accéder à votre demande de transmettre un message au 17e Festival de la jeunesse et des étudiants qui se déroule dans la patrie de Nelson Mandela, symbole vivant de la lutte contre le système odieux de l’apartheid.

Cuba a accueilli deux festivals : le 11e en 1978 et le 14e, en 1997.

C’était la première fois, sur décision de la 9e Assemblée de la Fédération mondiale des jeunesses démocratiques, tenue fin 1974 à Varna (Bulgarie), que le Festival abandonnait l’Europe pour se dérouler dans un autre continent, l’Amérique.

C’était une époque différente : le monde faisait face à de graves problèmes, mais moins dramatiques qu’aujourd’hui. Les jeunes les plus progressistes se battaient pour le droit de tous les êtres humains à une vie digne, ce vieux rêve des plus grands penseurs de notre espèce, quand il était évident que la science, la technologie, la productivité du travail et l’essor de la conscience le rendaient possible.

En très peu de temps, la mondialisation s’est accélérée, les communications ont atteint des niveaux incroyables, les moyens permettant de promouvoir l’éducation, la santé et la culture se sont multipliés. Nos rêves n’étaient pas sans fondements. Et c’est dans cet esprit que nous avons réalisé le 11e Festival mondial de la jeunesse et des étudiants auquel a participé tout notre peuple.

Début octobre 1995, le Conseil général de la Fédération mondiale des jeunesses démocratiques, réuni justement en Afrique du Sud, décidait que le 14e Festival se tiendrait à La Havane en 1997. Il rassembla plus de douze mille délégués de cent trente-deux pays. Notre pays se battait alors depuis trente-sept ans, sur les plans politique et idéologique, contre l’Empire et le brutal blocus économique qu’il nous impose toujours.

Jusque dans les années 80, il n’existait pas seulement la République populaire de Chine, la République populaire et démocratique de Corée, le Vietnam, le Laos et le Cambodge, qui avaient résisté à des guerres génocidaires et aux crimes des Yankees, mais aussi l’énorme camp socialiste d’Europe et l’Union des républiques socialistes soviétiques, ce gigantesque Etat multinational de 22 400 200 kilomètres carrés, doté d’énormes ressources en terres arables, en forêts, en pétrole, en gaz, en minerais et bien d’autres. La superpuissance socialiste faisait front à la superpuissance impérialiste qui compte plus de huit cents bases militaires disséminées sur toute la planète.

La dissolution de l’URSS, quelles qu’aient été les erreurs à tel ou tel moment de l’histoire, a constitué un rude coup au mouvement progressiste du monde.

Les USA ont agi sans tarder, étendant leurs bases militaires et utilisant les installations construites par l’URSS pour encercler encore plus étroitement la Fédération de Russie, qui reste encore une grande puissance.

Les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont redoublé d’aventurisme militaire en Europe, déclenchant la guerre du Kosovo et désintégrant la Yougoslavie.

Sur le continent américain, bien avant la désintégration de l’URSS, les USA avaient envahi la République dominicaine en 1965, bombardé et attaqué le Nicaragua avec des forces mercenaires, envahi avec leurs troupes de métier la Grenade, le Panama et Haïti, tramé des putschs militaires sanglants au Chili, en Argentine et en Uruguay, et soutenu la répression brutale de Stroessner au Paraguay.

Ils avaient fondé l’Ecole des Amériques où, non contents de former des milliers d’officiers latino-américains aux conspirations et aux putschs, ils en ont familiarisé beaucoup aux doctrines de la haine et à des pratiques de tortures perfectionnées, tout en se présentant aux yeux du monde comme des défenseurs des « droits de l’Homme et de la démocratie ».

En cette première décennie du siècle, la superpuissance impérialiste semble sortir de son propre lit.

Les graves événements du 11 septembre 2001 – destruction des tours jumelles de New York, avec environ trois mille personnes tuées, attaque contre le Pentagone – ont servi de prétexte idéal à un aventurier sans scrupules, George W. Bush, pour lancer sa guerre contre le terrorisme qui a constitué tout bonnement une escalade dangereuse de la politique brutale que les USA appliquent normalement sur toute notre planète.

La complicité éhontée des pays de l’OTAN avec cette guerre si condamnable est largement prouvée : cette organisation militariste vient de déclarer son intention d’intervenir partout dans le monde où elle considérerait que ses intérêts – autrement dit, ceux des USA – sont menacés.

L’impérialisme a utilisé son monopole des médias aux mains de grandes transnationales capitalistes pour semer le mensonge, créer des réflexes conditionnés et développer des instincts égoïstes.

Juste au moment où des jeunes et des étudiants se dirigeaient vers l’Afrique du Sud afin de lutter pour un monde de paix, de dignité et de justice, les étudiants anglais et leurs professeurs livraient une bataille rangée contre les policiers à cheval, costauds et bien équipés, qui les attaquaient. Quel spectacle de « démocratie » capitaliste ! Les partis néolibéraux au pouvoir, jouant leur rôle de gendarme de l’oligarchie et trahissant leurs promesses électorales, ont voté au parlement des mesures qui élèvent à 14 000 dollars par an le coût des études universitaires.

Le pire de tout, c’est le culot avec lequel les parlementaires néolibéraux ont affirmé que « le marché réglerait ce problème ». Seuls les riches ont droit à des titres universitaires.

Voilà quelques jours à peine, commentant les secrets divulgués par WikiLeaks, le secrétaire étasunien à la Défense, Robert Gates a déclaré : « Le fait est que les gouvernements traitent avec les USA parce que ça leur convient, non parce que nous leur plaisons, non parce qu’ils nous font confiance, non parce qu’ils croient que nous pouvons garder un secret. Certains gouvernements traitent avec nous parce qu’ils ont peur de nous, d’autres parce qu’ils nous respectent, et la plupart parce qu’ils ont besoin de nous. Nous restons, comme on l’a déjà dit, la nation indispensable. »

Nombre de personnes intelligentes et bien informées dans le monde sont convaincues que l’Empire yankee, à l’instar de tous ses prédécesseurs, est entré dans une étape finale et que les signes en sont irréfutables.

Un article sur le site web TomDispatch expose quatre hypothèses quant au cours des événements probable aux USA : la guerre mondiale y apparaît dans toutes comme une possibilité, même s’il existe une autre issue. Ce pays perdra définitivement son rôle dominant dans les exportations mondiales de marchandises et, d’ici moins de quinze ans, dans les innovations technologiques, tandis que le dollar cessera de jouer sa fonction privilégiée comme monnaie de réserve. Selon cet article, la Chine représente cette année 12 % des exportations mondiales de marchandises, contre seulement 11 % les USA. L’auteur fait aussi allusion au fait que le ministre chinois de la Défense a présenté en octobre le superordinateur Tianhe-1A, si puissant, selon un expert étasunien, qu’il « ridicule la meilleure machine similaire aux USA ».

L’une des premières activités de nos compatriotes, à leur arrivée en Afrique du Sud, a été de rendre un hommage mérité aux combattants internationalistes qui ont donné leur vie pour l’Afrique.

Notre mission médicale prête service depuis douze ans au peuple haïtien, maintenant avec le renfort de médecins internationalistes diplômés à l’Ecole latino-américaine de médecine de La Havane. En y combattant l’épidémie de choléra, cette maladie de la pauvreté, ils luttent aussi pour l’empêcher de s’étendre en Afrique où, tout comme en Amérique latine, la pauvreté est répandue. Forts de l’expérience acquise, nos médecins sont parvenus à réduire extraordinairement le taux de mortalité. Selon le journal Herald de Harare, une épidémie de choléra a éclaté « d’une manière explosive » au Zimbabwe, tout près de l’Afrique du Sud. Robert Mugabe a accusé les gouvernements étasunien et britannique de l’avoir introduite.

Si l’on veut une preuve de son absence de scrupules totale, il suffit de rappeler que le gouvernement étasunien a livré au régime de l’apartheid des armes atomiques que celui-ci a failli employer contre les troupes cubaines et angolaises qui, après la victoire de Cuito Cuanavale, avançaient direction Sud, de sorte que le commandement cubain, soupçonnant ce danger, a adopté les mesures et les tactiques pertinentes pour s’assurer absolument de la maîtrise du ciel : si Pretoria avait tenté d’utiliser ces armes, il n’aurait pas remporté la victoire pour autant. Mais on est en droit de se demander : que se serait-il passé si les racistes sud-africains avaient utilisé ces armes atomiques contre les forces cubaines et angolaises ? Quelle aurait été la réaction internationale ? Comment une telle barbarie aurait-elle pu se justifier ? Comment aurait réagi l’URSS ? Ce sont des questions à poser.

Quand les racistes ont cédé le gouvernement à Nelson Mandela, ils ne lui ont pas dit un seul mot sur ces armes. Où sont-elles ? Enquêter sur ces faits et les dénoncer serait rendre en ce moment un grand service au monde. J’invite mes compatriotes à présenter cette question au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants.

Patria o Muerte !
Venceremos !

Fidel Castro Ruz
Le 13 décembre 2010

(Traduction ESTI) •

dimanche 12 décembre 2010

"Donner le prix Nobel à Liu Xiabo c'est beaucoup de bruit pour presque rien" (article publié dans le Monde)

“Donner le prix Nobel à Liu Xiaobo c’est beaucoup de bruit pour presque rien”, a écrit Zheng Ruolin, journaliste chinois résidant en France, dans un article publié jeudi dans le quotidien français “Le Monde”, estimant que la remise du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo ne contribuerait ni au progrès de la société chinoise ni à la paix mondiale.

Dans cet article intitulé “Un Nobel qui ne reflète pas l’opinion”, il a rappelé que Liu a été condamné par la justice chinoise pour tentative de “subversion de l’Etat”, ce qui est tout à fait différent de “la version occidentale” selon laquelle Liu a été privé de liberté pour la seule raison de sa différente opinion politique du gouvernement chinois.

Ce “défenseur de démocratie” a même réaffirmé à plusieurs reprises qu’il faudrait que “la Chine soit colonisée pendant trois cents ans pour devenir une démocratie”, a rappelé M. Zheng.
“Le choc provoqué par cette formule révélatrice de sa pensée profonde fut inimaginable dans un pays qui, dans les années 1980, n’avait même pas encore achevé la décolonisation de l’intégralité de son territoire”, a-t-il poursuivi.

L’autre position choquante prise par le lauréat du prix Nobel de la paix mais oubliée par le public occidental, c’est qu’il soutenait l’invasion de l’Irak par le gouvernement Bush, “invasion désapprouvée et condamnée par la majeure partie de l’opinion mondiale, y compris celle des Chinois, et par de nombreux gouvernements, dont ceux de Paris et de Pékin”.”Quel lien logique est-il possible de trouver entre le prix Nobel de la paix et le soutien de son plus récent lauréat à cette guerre illégale ?” a demandé l’auteur de l’article.

En outre, ce que prône le lauréat du prix Nobel ne répond pas vraiment aux préoccupations des centaines de millions de Chinois ordinaires qui sont plus préoccupés aujourd’hui “par la corruption ou le développement criant des inégalités dans lequel plonge peu à peu le pays”, a souligné M. Zheng.

“Les droits de l’homme, pour un pays comme la Chine, ce sont d’abord l’égalité des chances, la liberté d’accès à un certain nombre de services élémentaires (éducation, droit aux soins, droit au logement) et une justice réellement équitable. S’il existe des valeurs +universelles+, chaque pays, chaque nation a ses propres façons de les interpréter et de les appliquer”, a-t-il argumenté, ajoutant que le même critère s’applique aussi à la liberté d’ expression que “chaque nation la conçoit dans le cadre de ses lois “. Pour beaucoup de Chinois qui luttent quotidiennement pour le progrès de la condition humaine dans leur pays, donner ce prix à Liu Xiaobo c’est faire beaucoup de bruit pour… rien ! Oh pardon : pour presque rien“, a conclu M. Zheng.

Source: xinhua

Le PC de Chine et ses dialogues stratégiques avec le PASOK et l'Internationale Socialiste

Critique du journal « Rizospatis » - Organe du CC du KKE (19/11/2010)
Il est bien connu que le KKE en est arrivé à la conclusion que les relations capitalistes sont en train de se développer dans la Chine d’aujourd’hui, avec la particularité que cela se passe sous la direction politique du parti au gouvernement qui porte le titre de « communiste ».
Les conséquences de ce développement sont bien connues : l’élévation de la Chine au sommet des pays avec les taux les plus rapides de développement capitaliste et le plus grand nombre de milliardaires, la suppression d’importantes conquêtes des travailleurs, telles que la gratuité des soins de santé et d’éducation, pour lesquels les travailleurs doivent maintenant payer, et l’existence de millions de chômeurs et de travailleurs sous-payés.
Ce n’est pas par hasard alors, que Liu Jieyi, Sous-Directeur du Département International du Comité Central du PCC, dans sa rencontre (16/11) avec G. Papandreou, Premier Ministre Grec et Président du PASOK et de l’Internationale socialiste a déclaré que : « Les relations entre le PASOK et le Parti Communiste de la Chine sont exceptionnelles et nous avons la pleine intention de travailler de manière encore plus rapprochée, dans le but de promouvoir les relations réciproques entre nos partis et au travers d’un dialogue entre nos partis, de renforcer l’exceptionnelle coopération stratégique entre nos deux pays, particulièrement maintenant que nous sommes en face de nombreux défis. » Liu Jieyi n’oublia pas de féliciter G. Papandréou pour « les excellents résultats électoraux.»
Il ne pouvait pas en être autrement, que les représentants politiques des monopoles (tels que COSCO)*, indifférents à leur emballage (« socialiste » en Grèce ou « communiste » en Chine), comprennent leurs intérêts de classe communs.
Les choix anti-populaires du gouvernement PASOK sont salués et soutenus par les officiels Chinois, aussi longtemps qu’ils sont combinés avec l’ouverture de la voie aux monopoles chinois.
Mais comme nous l’avons appris de Liu Jieyi, « l’amour » du PCC n’est pas seulement réservé au PASOK « socialiste » mais aussi à l’Internationale Socialiste toute entière. Ainsi qu’il le déclara lui-même : « Nous sommes dans l’idée que la poursuite de la coordination et d’échanges de vues sont importants, comme l’est le dialogue stratégique entre l’Internationale Socialiste et le parti Communiste de Chine. Nous avons la pleine intention de pousser plus loin ce dialogue, parce que nous avons découvert dans les rencontres au cours des deux derniers jours, qu’il existe de nombreux points d’accord entre l’Internationale Socialiste et l’orientation politique du Parti Communiste de Chine. »
Nous devons nous souvenir que cette « Internationale » soutenait les guerres des USA et de l’OTAN, et qu’elle est un pilier de soutien de l’exploiteur système capitaliste en Europe et dans le monde entier.
Après tout ça, on peut bien s’étonner que le PC Chinois ne soit pas prêt à laisser tomber sa dernière « feuille de vigne » : son titre ?

Traduction: François VECHART (24.11.2010)
Publié sur le site du Pôle de la Renaissance Communiste en France

lundi 15 novembre 2010

BOYCOTT D'ISRAËL: QU'EST-CE QUI EST VRAIMENT "INDIGNE " ET " ILLÉGAL"?

par Michel Collon

3 novembre 2010

Réponse à Pascal Bruckner, Bertrand Delanoë, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, Yvan Attal, Pierre Arditi, Michel Boujenah, Patrick Bruel et Cie…

« Le boycott d'Israël est une arme indigne », écrivez-vous ce lundi 1er novembre dans Le Monde. Vous affirmez avec une certitude étonnante que « la Justice française ne tardera pas à confirmer » l’illégalité du boycott. Selon vous, tous ceux qui veulent ainsi aider les Palestiniens à obtenir leurs droits seraient des hors-la-loi. Votre argument ? On ne saurait appliquer ce « type de traitement à la démocratie israélienne ».

Mais comment pouvez-vous appeler « démocratie » un Etat qui s’est construit par la violence, en chassant les Palestiniens de leurs maisons et de leurs terres en 1948 ? Un Etat qui, à toutes les époques, n’a cessé de planifier le nettoyage ethnique :

« Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place » (David Ben Gourion, 1937).

« Entre nous soit dit, il doit être clair qu'il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Il n'y a pas d'autre possibilité que de transférer les Arabes d'ici vers les pays voisins - tous. Pas un seul village, pas une seule tribu ne doit rester. » (Joseph Weitz, 1940).

« Les Palestiniens n'ont jamais existé. » (Golda Meir, 1969) « Chacun doit bouger, courir et s'emparer d'autant de collines qu'il est possible pour agrandir les colonies, parce que tout ce que l'on prendra maintenant restera à nous… Tout ce que nous ne prendrons pas leur restera. » (Ariel Sharon, 1998)*.

Comment pouvez-vous appeler « démocratie » un Etat qui, aujourd’hui encore, refuse le retour des gens qu’il a chassés et continue à voler systématiquement les terres pour s’agrandir tout en prétendant négocier ?

Soyons clair : un Etat colonial, basé sur le vol de la terre et l’expulsion d’un peuple, ne sera jamais une démocratie. Même s’il possède un parlement, même si les voleurs discutent démocratiquement entre eux sur la meilleure façon de voler, ça reste un Etat de voleurs qui règnent par la force.

Le boycott est-il illégal ?

Absolument pas, puisqu’il vise à assurer le respect du droit. Voici ce qui est réellement illégal…

Avoir chassé les Palestiniens de leur pays en 1948 et refuser leur retour est illégal, affirme l’ONU. Conquérir de nouveaux territoires par la force est illégal. Empêcher les Palestiniens de vivre sur leurs terres, de travailler, d’étudier ou de circuler librement est illégal. Détruire leurs maisons et leurs oliviers est illégal. Emprisonner des enfants de douze ans est illégal. Construire un mur de séparation, voler l’eau et les terres des territoires occupés est illégal. Utiliser des armes au phosphore et au laser est illégal. Bombarder des maisons, des écoles, des hôpitaux, des ambulances, des missions de l’ONU est illégal. Torturer est illégal. Assassiner les dirigeants palestiniens est illégal. Massacrer des défenseurs de la paix dans les eaux internationales est illégal.

Face à ces illégalités, que fait la ministre française de la Justice ? Appelle-t-elle à sanctionner l’Etat qui les commet ? Empêche-t-elle l’importation en France des produits issus de ce vol des terres ? Non, elle attaque ceux qui dénoncent cette illégalité ! Et vous soutenez cette ministre qui bafoue le droit international. Ahurissant !

Vous écrivez : « Nous sommes résolument contre le boycott parce que nous sommes pour la paix. ». Mais le boycott existe déjà ! Depuis soixante ans, les Palestiniens sont boycottés par Israël, et vous ne faites rien contre ça. Puisque les dirigeants israéliens n’agissent qu’en fonction du rapport de forces, le boycott est une arme parfaitement digne pour leur imposer la paix. Comme il le fut contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Vous écrivez : « La critique n'a rien à voir avec le rejet, le déni, et, finalement, la délégitimation. » Mais depuis soixante ans, Israël rejette, nie et délégitimise les Palestiniens et ça ne vous indigne pas ?

Vous écrivez : « Céder à l'appel du boycott, (c’est) signifier que la négociation n'est plus dans le champ du possible. » Pas du tout. La solution existe, elle est toute simple, comme vient de le rappeler le musicien juif Gilad Atzmon : « Les Israéliens peuvent mettre fin au conflit en un clin d’oeil : demain matin à son lever, Nétanyahou rend aux Palestiniens les terres qui leur appartiennent ».

C’est trop demander ? Dès 1968, les grandes organisations palestiniennes ont elles-mêmes fait de grandes concessions en proposant de former un seul « Etat démocratique, progressiste, non confessionnel dans lequel juifs, chrétiens et musulmans vivront ensemble en paix et en jouissant des mêmes droits. » C’est Israël qui a refusé et refuse toujours, c’est Israël qui s’accroche à son obsession d’un Etat ethniquement pur, réservé aux juifs, et vous ne lancez pas de grands appels contre cela ?

C’est encore trop demander ? Les Palestiniens ont même accepté de se contenter de 22% de leurs terres initiales, et ça encore Israël le refuse, continuant à voler les terres, petit-à-petit, et vous ne faites rien contre cela.

En définitive, ce qui est « indigne », ce n’est pas le boycott.

C’est votre attitude. Car tout ce que je viens d’écrire, vous le savez et, en le cachant à l’opinion, vous la désinformez. Dans quel intérêt ?

Je crains que la chose véritablement indigne dans votre texte, ce soient vos motivations. Dans mon livre Israël, parlons-en !, j’ai indiqué que les trois plus puissants groupes médiatiques français - Lagardère, Dassault, Bouygues – sont tous trois aux mains de familles richissimes qui font de gros profits avec Israël et lui fournissent ses armes ou ses instruments de colonisation. Alors, si un artiste ou un intellectuel français ose s’opposer à ces groupes et dire la vérité, adieu carrière, adieu fortune ! Comme disait Bertolt Brecht : « Déplaire aux possédants, c'est renoncer à posséder soi-même. »

Ceux qui vous lisent, ceux qui vous écoutent, auront toujours intérêt à se poser la question fondamentale : « Quels sont les intérêts derrière ce discours ? »


* Sources des citations : Michel Collon, Israël, parlons-en !, Couleur Livres, Investig’Action, Bruxelles, 2009, pages 297-299.

Image : Latuff

Source : michelcollon.info
Campagne BDS - Droit international - Israël - Palestine

mardi 31 août 2010

Entente de principe dans le secteur public au Québec :
Avant que le conflit n’éclate, les dirigeants
du Front commun déclarent forfait !

Par Robert Luxley

Le 25 juin 2010, les représentantes et représentants du Front Commun des employées-és du secteur public québécois ont conclu une entente de principe à rabais avec le gouvernement, mettant fin subitement à la négociation et affaiblissant du même coup la riposte de la classe ouvrière aux mesures de sortie de crise du Capital.

L’entente porte sur des questions comme les salaires et la retraite, pour lesquelles les syndicats avaient fait alliance et formuler des revendications communes. Elle faisait suite et concluait une série d’autres ententes survenues les jours précédents sur les conditions de travail spécifiques de chacun des secteurs (santé, éducation, fonction publique, etc.). Les membres des syndicats auront à se prononcer avant la mi-septembre sur l’ensemble des ententes pour que le tout soit entériné.

Rappelons que l’an dernier, afin de négocier les conventions collectives de leurs membres du secteur public et pour être mieux en mesure d’affronter le gouvernement et son programme d’austérité budgétaire, les principales organisations syndicales au Québec s’étaient associées pour constituer le plus grand Front commun de l’histoire du Québec. Au total, il représentait près d’un demi-million de travailleuses et de travailleurs.

Outre le fait que la force du nombre constituait en elle-même une sérieuse menace pour le gouvernement, ce dernier était déjà particulièrement affaibli par une série de scandales et d’allégations de corruption et de patronage. D’autre part, le gouvernement libéral, en se lançant en même temps dans une attaque frontale contre toute la population en lui imposant de nouvelles coupures et tarifications avec son dernier budget (impôt-santé ; ticket modérateur pour des services de santé ; hausse des frais de scolarité ; hausse des factures d’Hydro-Québec ; réduction des prestations d’aide sociale pour les femmes monoparentales ou les personnes âgées ; loi obligeant toutes les administrations publiques de couper au moins 10% du personnel clérical ; gel de la masse salariale des employées-és de l’État, etc.), s’était complètement isolé et se retrouvait au plus bas dans les sondages.

Une coalition regroupant plusieurs syndicats, mouvements populaires et étudiants s’est mise sur pied et se prépare à lutter contre ces mesures d’austérité. Des dizaines de milliers de personnes sont déjà sorties dans les rues pour manifester contre le budget. Le 20 mars 2010, 75 000 membres du Front commun avaient manifesté en appui à leurs revendications. De plus, des sondages révélaient que la majorité de la population considéraient raisonnables et bien fondées ces revendications. Il se discutait de plus en plus la possibilité de joindre toutes les forces afin d’organiser une grève dite « sociale » contre le budget du gouvernement.

Il ne fait nul doute que tout ce contexte a contribué à amener le gouvernement à adoucir soudainement ses positions aux tables de négociation, en particulier dans le secteur de la Santé où les choses allaient au plus mal, et à rechercher un règlement négocié qui, sans lui être trop coûteux, soit rapidement conclu avant l’été pour désamorcer le risque que le mouvement syndical et les couches populaires se joignent contre lui à l’automne. Les directions syndicales ont vu là s’ouvrir une « fenêtre de règlement » et s’y sont précipitées pour bâcler « un règlement négocié ».

Pour rendre possible ce règlement, le gouvernement a dû préalablement retirer la presque totalité des importants reculs qu’il avait exigé au départ dans les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs. Il très probable que ces demandes de reculs aient été une tactique de négociation visant à rendre le statu quo intéressant. Néanmoins, selon ce que le gouvernement a déclaré, il avait prévu ces marges de manœuvre dans cette éventualité, tout en respectant le cadre de son budget. Il a fait quelques concessions mineures, par exemple, pour le régime de retraite. Dans le secteur de l’Éducation, l’entente permettrait la création de plusieurs centaines de postes et l’ajout de personnel. Dans la plupart des secteurs, afin de contrer les pénuries de personnel, il y a création de primes de disponibilité, consacrant du même coup cependant, les statuts précaires à temps partiel et sur la liste de rappel.

Témoignant d’une précipitation certaine à conclure la négociation, plusieurs questions importantes, comme la privatisation et la sous-traitance qu’on n’a pu réglées à temps sont référées à différents comités paritaires nationaux qui poursuivront la négociation, mais sans obligation de résultat, avec des budgets pré-déterminés et reconnaissant au gouvernement le dernier mot.

Dans la Santé, des revendications aussi importantes que le rapatriement au niveau de la négociation nationale de 26 matières ayant à être négociés localement, ont été abandonnées, et ce, en dépit d’un jugement de la Cour supérieure qui déclarait inconstitutionnelle la loi 30 adoptée en 2003 et qui avait arbitrairement imposé cette division.

Mais c’est au chapitre des salaires, principale revendication du Front commun, que le résultat est certainement le plus décevant, en particulier pour les salariées-és les moins nantis qui sont celles et ceux qui se sont le plus appauvris ces dernières années.

L’entente de principe maintient pour les trois premières années l’offre initiale du gouvernement, soit une hausse salariale totale de 2,25%. Cette offre avait pourtant été dénoncée à grand cris comme méprisante et inacceptable par les leaders du Front commun encore quelques jours avant la conclusion de l’entente.

Rappelons que la demande du Front commun était pour la même période de trois ans une hausse de 11,25%, calculée sur le salaire moyen du secteur public (cela signifiait une hausse plus importante pour les salaires en bas de la moyenne), avec en plus, une clause d’indexation si l’inflation venait à dépasser 2% par année. On voulait un rattrapage salarial parce que selon l’Institut de la statistique du Québec, les salaires des employées-és du secteur public, décrétés par des lois spéciales depuis plusieurs années, avaient pris beaucoup de retard et étaient inférieurs de près de 9% à ceux du secteur privé.

On demeure donc bien loin du compte. En considérant les taux d’inflation prévu (6,3%) par les économistes du Front commun eux-mêmes, les travailleuses et les travailleurs non seulement ne rattraperont rien, mais ils devraient voir leur pouvoir d’achat diminuer encore de plus de 4% pour cette période.

D’autre part, le Front commun a aussi finalement plié devant la volonté du gouvernement d’avoir une convention de 5 ans. Le gouvernement a offert une hausse de salaire de 1,75% et de 2% respectivement pour une quatrième et une cinquième année, avec un ajustement possible de 1% de plus en 2015 à la fin de la convention si l’inflation totale dépasse 6% durant les cinq années.

De plus l’entente prévoit que si la somme de la croissance du PIB en 2010 et en 2011 dépassait 8,3%, le gouvernement augmenterait les salaires d’un maximum de 0,5% de plus en 2012. Si la somme de la croissance du PIB de 2010 à 2012 dépassait 12,7%, le gouvernement augmenterait les salaires d’un maximum de 1,5% de plus en 2013 et si la somme de la croissance du PIB de 2010 à 2013 dépassait 17%, les salaires seraient augmentés d’un autre 1,5% au maximum en 2014.

Cette clause « croissance économique », risque peu de s’appliquer puisque cela exigerait une croissance moyenne du PIB de 4,25% par année ce qui est relativement élevé et ne s’est produit que rarement au Québec. En effet, de 2004 à 2008, durant la période de prospérité précédant la crise économique, le taux de croissance moyen n’avait été que de 3,5%. Mais, malgré tout, cela permet aux directions syndicales de prétendre qu’elles ont obtenu un règlement salarial de 10,5%, soit tout près de l’objectif de 11,25%. De toute façon, si d’aventure le PIB (nominal) connaissait une aussi forte croissance, il faut tenir compte que cela implique aussi, en général, un fort taux d’inflation.

Gouvernement, éditorialistes et patronat ont salué l’entente et en particulier la trouvaille des hausses de salaires liées à la croissance économique avec enthousiasme et l’ont déclaré « précédent historique ». Cela fait en sorte que, non seulement les travailleuses et les travailleurs vont faire les frais du redressement des finances publiques mises à mal par le sauvetage des entreprises capitalistes au prise avec leur crise économique, mais il est aussi introduit un principe de collaboration de classe qui consacre que désormais, la protection du pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs sera conditionnelle à un enrichissement préalable des capitalistes. Le gouvernement prévoyant justement que la croissance économique sera de 17% au cours des quatre prochaines années, l’entente n’autorisera le maintien du pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs que si la croissance dépasse ses prévisions.

Pourquoi les dirigeants syndicaux ont-ils accepté une entente semblable?

La direction du Front commun avait fait adopter dès le départ un cadre stratégique prévoyant un règlement rapide, arguant que l’expérience démontrait qu’il est très difficile de rétroagir sur une longue période passée (en particulier dans le cas des salaires) lorsqu’une négociation s’éternise. Le Front commun déclarait vouloir obtenir une nouvelle convention « négociée et satisfaisante » avant l’échéance de la précédente, échéance qui coïncidait justement avec le dépôt du nouveau budget du gouvernement.

En pratique, cela aurait voulu dire régler avant que les syndicats n’acquièrent le droit de grève. Connaissant le gouvernement Charest et le contexte économique, il était assez difficile d’imaginer pouvoir obtenir une convention « satisfaisante » sans lutter ou simplement en bluffant. Néanmoins, en autant qu’on ne se berce pas trop d’illusions, ce genre de position pouvait toujours se comprendre comme une tactique pour démontrer la bonne foi des syndicats et pousser la négociation au maximum.

Mais loin d’être intimidé par cette tactique, et malgré la manifestation-monstre de 75 000 personnes, le gouvernement a répliqué 5 jours avant fin de la convention-décret en cours, en déposant à la table de négociation du secteur de la Santé son offre globale comportant 42 reculs majeurs dans les conditions de travail et rejetant toutes les demandes syndicales.

Déçus, les leaders du Front commun ont alors décidé de demander la médiation prévue dans la loi. Dans la Santé, il fut décidé de soumettre aux membres les « offres patronales » et un plan d’action prévoyant la recherche de mandats de grève. Selon l’agenda prévu, la tenue des votes de grève devait se faire au début de l’automne pour la déclencher peu après. Selon les tracts officiels distribués aux membres, le rejet des offres fut massif et le plan d’action fut « adopté sans hésitation ».

Cependant, pour faire accepter l’entente de principe lors de la réunion des déléguées-és du secteur de la Santé à la CSN, on a fait part d’une évaluation différente de l’état de la mobilisation pour la grève, qu’on disait plutôt faible. Les leaders syndicaux craignaient de plus que le gouvernement ne réplique à une grève par une loi spéciale en imposant à nouveau un décret qui écraserait toute résistance.

Mais même en supposant que la mobilisation ne fusse pas encore suffisante, pourquoi alors ne pas avoir continué la négociation et ne pas avoir attendu de réunir les conditions requises pour obtenir une convention vraiment satisfaisante ? Après tout, c’était encore bien tôt puisque l’ancienne convention venait juste de se terminer et les syndicats n’avaient même pas encore acquis le droit de grève, forcés d’attendre la fin du processus obligatoire de médiation.

C’est qu’obtenir satisfaction dans le cadre budgétaire décidé par le gouvernement étant absolument impossible, il fallait nécessairement renverser ce budget, affronter le gouvernement et lui infliger la défaite, ce qui n’était possible qu’en faisant une grève résolue. Une telle grève aurait pris un caractère éminemment politique, l’affrontement aurait été majeur, classe contre classe. Évidemment, cela n’était pas sans risque, le risque étant d’autant plus grand que les objectifs poursuivis et les enjeux sont importants. Il aurait donc fallu beaucoup de volonté et d’audace.

Par contre, il existait des facteurs très favorables. Il aurait probablement été possible de conjuguer les immenses forces du Front commun avec la large Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, avec les étudiantes et les étudiants qui vont sans doute protester contre la hausse des frais de scolarité à l’automne, et possiblement, même avec les 140 000 ouvriers de la construction qui allaient peut-être tomber en grève à la fin d’août. Il y avait là un énorme potentiel de lutte.

Malheureusement, tout au long de la négociation, les leaders syndicaux ont au contraire toujours strictement limité les objectifs du Front commun à l’atteinte d’une convention collective, refusant de lui assigner la tâche de lutter directement contre le budget d’austérité. Ainsi, bien qu’elles n’eussent pas dédaigné profiter de la grogne populaire contre le gouvernement, les hautes directions des centrales syndicales ont toujours refusé de participer à la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics. De façon assez caractéristique des conceptions réformistes, certains leaders syndicaux vont jusqu’à prétendre qu’une fois la négociation réglée, il deviendra plus facile de poursuivre la lutte sur le terrain politique et dans les établissements, notamment contre les coupures de personnel clérical.

Quelles perspectives ?

Dans les négociations dans le secteur de la construction, l’association patronale s’appuyait sur le règlement salarial du secteur public pour justifier ses les offres aux travailleurs. Ces derniers les refusaient et menaçaient d’aller en grève. Cela illustre éloquemment la valeur de ce règlement.

Malgré que le règlement du secteur public ait affaibli le mouvement de riposte, celui-ci n’est pas éteint. Les 55 000 infirmières et membres FIQ qui ont rejeté le règlement sectoriel de la Santé pourraient aller en grève à l’automne. La lutte pour la sauvegarde des services publics et contre la privatisation reste entière. Le mouvement étudiant risque toujours d’entrer en action à l’automne. Bref, tout n’est pas perdu.

Bien que cela soit très difficile, plusieurs militantes et militants syndicaux dans le secteur public essaient de s’organiser pour faire rejeter par la base l’entente de principe. Des voix lancent l’idée intéressante qu’il est plus que nécessaire d’organiser au sein des organisations syndicales une gauche syndicale plus cohérente.