dimanche 22 mars 2009

Les travailleuses et les travailleurs n'ont pas causé cette crise...
et nous n'en ferons pas les frais!

Unissons-nous et luttons pour défendre nos emplois, nos services et nos droits!

Vous travaillez peut-être dans le secteur pétrolier en Alberta, dans une usine automobile du Sud de l'Ontario ou dans centre d'appels au Nouveau-Brunswick, ou comme travailleur forestier au Québec, caissière d'une banque ou chargée de cours d'une université. Où que vous soyez, votre avenir est menacé alors que la crise économique mondiale s'étend à travers le Canada, et que les mises à pied et les fermetures d'entreprises se répandent comme une traînée de poudre. Vous êtes peut-être déjà l'un des 1,3 millions de Canadiennes/iens officiellement sans emploi, ou une personne parmi des millions qui survivent en occupant un emploi à temps partiel ou temporaire mal payé. Ou vous faites partie des deux-tiers de travailleuses/eurs sans emploi qui n'ont pas droit aux prestations d'assurance-emploi, dont ils ont constitué le fonds avec les retenues de leurs salaires.

Et la crise ne fait que commencer. Au moins 50 millions de travailleurs perdront leur emploi dans le monde entier cette année. La production a chuté de près de 50% dans certains pays, et les pénuries alimentaires se répandent. Une véritable reprise économique mondiale pourrait ne survenir que dans plusieurs d'années. Qui a créé ce gâchis? Qui devrait payer pour la crise? Quelles politiques pourraient aider les travailleuses/eurs au lieu de n'enrichir que les nantis?

Mais alors, qui est responsable?
Il serait très simple d'accuser un petit nombre de personnes cupides de l'effondrement économique. Il est vrai qu'une poignée de milliardaires et de gigantesques sociétés transnationales ont gonflé artificiellement et manipulé les valeurs immobilières, les valeurs de la haute technologie, les valeurs boursières, celles des produits de base et même des monnaies nationales. Le "capitalisme des bulles spéculatives" a permis aux ultra-riches d'amasser d'immenses fortunes tandis que des milliards de travailleuses/eurs et de pauvres sombrent profondément dans les dettes.

Les politiques néo-libérales des gouvernements de droite n'ont fait qu'empirer les choses par les privatisations, les déréglementations, les baisses d'impôts pour les riches et les coupures de programmes sociaux. Ils ont affirmé que ces politiques néolibérales augmenteraient la richesse. En fait l'écart entre les riches et les travailleuses/eurs a augmenté dans des proportions stupéfiantes, et la classe ouvrière et les droits démocratiques sont de plus en plus violemment attaqués.

Le capitalisme va toujours de crise en crise. Capitalistes et entreprises concurrencent pour des profits plus élevés et cherchent à maximiser le profit de leurs investissements en réduisant leurs coûts de main-d'œuvre. Ce processus réduit toujours le pouvoir d'achat, laissant les travailleuses/eurs sans revenus nécessaires pour acheter les biens et les services qu’elles-ils produisent. Tout au long de l'histoire, ce cycle s'est manifesté par d'innombrables crises économiques suivies de périodes de redressement, et chaque fois les travailleuses/eurs en font les frais et les patrons finissent par s'enrichir.

Sommes-nous vraiment dans le même bateau?
On nous dit que durant cette crise économique «tout le monde est dans le même bateau». Mais comme sur le «Titanic», les riches ont des canots de sauvetage alors que la plupart d'entre nous sont enfermés dans la cale. Au Canada, comme dans la plupart des pays, la première réaction des gouvernements pro-capitalistes a été de "sauver" les grandes entreprises de la ruine financière, alors que ces mêmes entreprises réalisent depuis des années des profits record sur le dos des contribuables et des travailleuses/eurs. Alors que des millions de travailleuses/eurs perdent leurs emplois, leurs maisons et leurs pensions, les gros PDG obtiennent d'énormes primes et des salaires exorbitants. Le budget conservateur présenté à la fin de janvier est en train de donner des milliards de dollars aux actionnaires alors que la plupart des travailleurs licenciés de ces entreprises n'ont même pas droit aux prestations d'assurance-emploi. Sommes-nous vraiment dans le même bateau?

Que faut-il faire?
Au lieu de faire payer aux travailleuses/eurs la crise en réduisant leurs salaires et en les mettant au chômage, ce sont les personnes qui ont amassé des milliards de dollars en profits qui doivent payer. Nous devons nous unir et lutter pour un programme d'urgence afin de protéger les emplois et les revenus des travailleuses/eurs, et de redonner du travail au peuple canadien. Un tel plan de lutte contre la crise devrait comprendre, entre autres, les mesures suivantes :
· étendre la couverture de l'assurance-emploi à l'ensemble des travailleuses/eurs, pendant toute la durée de leur chômage et en leur donnant des prestations de 90% de leur salaire antérieur;
· protéger et développer les industries manufacturières sur la base d’une politique industrielle globale, ainsi qu’en adoptant une loi contre les fermetures d'usines;
· instaurer un moratoire sur les expulsions de logements, sur les saisies hypothécaires et sur les interruptions de fourniture d'énergie et de services pour cause de chômage;
· hausser le salaire minimum à 15$/h., augmenter les pensions et adopter d'autres mesures pour accroître les revenus et stimuler la consommation domestique;
· mettre en oeuvre des mesures d'urgence pour améliorer les conditions sociales et économiques des peuples autochtones;
· investir dans un vaste programme public de construction de logements sociaux abordables, reconstruire les infrastructures du Canada et protéger l'environnement;
· transférer le fardeau fiscal des travailleuses/eurs aux grandes entreprises et aux nantis;
· étendre la couverture de l'assurance-santé et développer les programmes sociaux universels, investir dans l'éducation, réduire les frais de scolarité, introduire un système de garde pour enfants qui soit public, universel, accessible, à coût abordable et de qualité; et
· retirer immédiatement les troupes canadiennes de la désastreuse guerre d'occupation en Afghanistan, et réduire les dépenses militaires de 50%.
Ces mesures immédiates de lutte contre la crise devraient être renforcées par d’autres réformes importantes, en particulier les suivantes :
· nationaliser les grandes banques, les compagnies d'assurances et autres institutions financières et les placer sous contrôle public et démocratique;
· nationaliser le secteur énergétique pour garantir l'approvisionnement du pays et fournir la base matérielle pour reconstruire l'industrie canadienne et créer des centaines de milliers d'emplois, entre autres dans le domaine des énergies renouvelables et du transport public;
· placer les «trois grands» fabricants de l’automobile sous le régime de la propriété publique et sous contrôle démocratique, et construire une voiture canadienne de petite taille, à prix abordable, performante du point de vue énergétique et respectant l'environnement;
· retirer immédiatement le Canada de l'ALENA et adopter une politique commerciale diversifiée, multilatérale et fondée sur le respect des avantages mutuels; et
· instaurer un revenu annuel garanti (RAG) permettant de vivre, et une réduction de la semaine de travail sans perte de salaire.

Un tel plan devrait orienter notre pays vers une direction fondamentalement nouvelle en plaçant les besoins de la population et de notre environnement avant la cupidité des entreprises, en instaurant une politique étrangère fondée sur la paix et le désarmement, et en restaurant la souveraineté de notre pays.

Comment atteindre ces objectifs?
Nous ne pourrons pas avancer dans cette voie en acceptant servilement coupures et pertes d'emplois. C'est la leçon tirée de la « Grande Crise des années 30 ». Il nous faut une campagne massive pour bloquer les attaques des Conservateurs et du patronat et pour obtenir des mesures en faveur du peuple. Au lieu de rencontres au sommet avec les chefs d'entreprise, il nous faut des assemblées populaires, réunissant le mouvement syndical, les peuples autochtones, les jeunes et les étudiants, les femmes, les agriculteurs, les aînés et toutes les forces démocratiques engagées dans la lutte pour la paix, l'environnement et l'égalité des droits, afin d'unir le peuple et d'organiser la riposte en ce moment crucial.

Nous devons construire une véritable Coalition populaire, des rues et des communautés, ainsi qu'au niveau électoral, afin de réduire la puissance des grandes entreprises et résoudre la crise selon les intérêts des travailleuses/eurs.

Le Parti communiste du Canada, le parti qui a dirigé les luttes cruciales de la classe ouvrière au cours des «terribles années 30», promet de déployer tous ses efforts pour aider à organiser et à gagner les luttes semblables qui s'annoncent. Nous vous demandons instamment de soulever ces questions dans vos syndicats, vos lieux de travail, vos écoles, vos communautés. Si vous êtes d'accord avec nos propositions, contactez-nous dès aujourd'hui. Rejoignez nos rangs et construisez le parti qui allie aujourd'hui l'urgence d'une riposte et l'objectif d'un avenir socialiste, au cours duquel le chômage, la faim, l'exploitation, l'oppression, la guerre et la dégradation de l'environnement seront éliminés pour toujours!

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Les chiffres suivants ne mentent pas!

* Les 10% de familles canadiennes les plus riches ayant des enfants gagnent plus de 80 fois plus que les 10% de familles les plus pauvres, qui gagnent en moyenne moins de 10 000 $ par année.

* Alors que les ménages canadiens économisaient environ 20% de leur revenu après impôt, aujourd'hui leur taux d'épargne moyen est de zéro, et l'endettement personnel est à son plus haut niveau.

* En 2005 au Canada environ 2,2 millions de travailleuses/eurs (16% du total, dont 19% de femmes et 12% des hommes) avaient des emplois de moins de 10 $ de l'heure. Aujourd'hui 13% de tous les emplois paient moins de 8 $ l'heure.

* Le pourcentage des profits des grandes entreprises par rapport au PIB est passé de moins de 5% en 1992 à des sommets historiques de plus de 14% en 2005, et il se maintient à ce niveau record.

* Au Canada, le total annuel des profits d'exploitation des grandes entreprises est passé de 40 milliards de $ en 1992, à 100 milliards de $ en 1997, à 150 milliards de $ en 2003 et à 216 milliards de $ en 2008.

* Le pourcentage des impôts payés par les grandes entreprises par rapport au total de leurs profits a diminué. Il est passé de la fourchette 35-40% à la fin des années 1980, à moins de 25% au cours des dernières années.

* Au Canada, en tenant compte des ajustements relatifs à l'inflation, les salaires des travailleuses/eurs à temps plein sont restés pratiquement stagnants de 1992 à 2005, à environ 730 $ par semaine.

* La part des salaires des travailleuses/eurs dans toute l’économie a fortement diminué, passant de 68% en 1992 à 61% en 2005, alors que la part des profits des entreprises a augmenté, passant de 22% à 33%.

(Données de Statistique Canada et du Centre canadien de politiques alternatives)

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