lundi 24 novembre 2008
QUESTIONS SUR LA CRISE?
Nombreuses sont les questions autour de la crise. Voici une série fort éducative dans laquelle nos camarades du PTB (Solidaire) tente de répondre aux questions de leurs lecteurs-trices les plus fréquentes.
François Ferrara
Parti du Travail de Belgique
Qui paie la crise en fin de compte ?
L’état (les états peut-on dire car tous les états capitalistes agissent de même) apporte de l’argent frais aux banques et assurances afin d’éviter leur faillite, soit pour apporter des liquidités soit pour recapitaliser des actifs toxiques (qui n’ont plus aucune valeur). Et, c’est là que « l’arnaque » est complète : les banques, avec cet argent, achètent des actifs « sûrs » : les obligations de l’état, titre de la dette publique, pour remplacer les actifs pourris. Les banques avec l’argent de l’État, donc des travailleurs, deviennent les créanciers de l’état. Ces mêmes banques et assurances (donc leurs actionnaires) non seulement ne payent pas la crise, mais vont s’enrichir pendant des années sur le dos des travailleurs. Comme les états n’ont pas exigé de droit de vote dans les décisions de ces entreprises financières, on peut donc parler non pas de « nationalisation » des banques mais de « privatisation » de l’état. Il devient un créditeur à la solde de ses créanciers, les banques, et tout cela avec l’argent des travailleurs.
Derrière l’argument « on n’avait pas le choix » pour sauver les emplois et les petits épargnants, nos dirigeants politiques ont amené les travailleurs à être endettés pour des années vis à vis des banques. C’est très loin d’être une « nationalisation » comme les politiciens et les médias nous ont présenté cette « soupe ».
Quelle a été l’intervention des États ?
Comme même l’action du « prêteur en dernier ressort » (les banques centrales) ne pouvait juguler la crise, les états capitalistes dans leur ensemble, ont apporté de l’argent « frais » aux banques et ont donné leur garantie sur les dépôts. En Belgique, par exemple, c’est 20 milliards d’euros que l’état a injecté dans les banques. La garantie sur les dépôts des épargnants ne deviendra une dépense réelle pour l’état que si les banques ne peuvent plus « rendre » l’argent aux déposants. Mais, les 20 milliards sont bien réels, eux. Comment l’état a-t-il trouvé cet argent alors qu’il n’en a pas pour augmenter les pensions ou créer des crèches ? En augmentant la dette publique : l’état a émis de nouvelles obligations d’état, ce qui constitue une dette de l’état envers celui qui achète ces obligations. Il faudra rembourser ces obligations avec intérêts, et le remboursement est fait avec les impôts du contribuable, donc des travailleurs. Encore faut-il comprendre ce qui se cache derrière tout ça ?
Pourquoi les banques ont-elles eu des problèmes ?
Cela renvoie à la question à laquelle nous avons déjà répondu précédemment : la crise des subprimes aux États-Unis a-t-elle une influence ici ?Par la titrisation, les banques du monde entier sont donc concernées. Lorsque ces prêts n’ont plus su être remboursés, les banques se sont vite retrouvées en manque de fonds propres pour faire face à leurs engagements. Elles ont donc du tenter de lever des capitaux sur les marchés financiers, ce qui s’appelle « recapitaliser ». Mais elles ont eu des difficultés énormes à trouver des investisseurs (petits ou grands) disposés à, en quelque sorte, leur prêter de l’argent. Se retrouvant sans liquidités, les banques sont entrées dans la crise des liquidités.Les banques centrales sont donc intervenue massivement pour « injecter des liquidités », mais rien n’y fit, les « trous étaient trop importants ». C’est l’attitude de la Banque centrale européenne (BCE) et de la FED (Réserve fédérale américaine) depuis août 2007 jusque début septembre 2008. Comme les banques ne se sont plus prêtées entre elles car elles n’avaient plus confiance les unes dans les autres, un certain nombre de banques se sont retrouvées sans liquidités : elles étaient en crise de solvabilité (Northern Rock, Fortis etc…). Cela a obligé les états à intervenir afin d’éviter la faillite du système bancaire car il fallait éviter que les épargnants viennent retirer massivement et brutalement leurs dépôts ce qui n’aurait fait qu’accélérer les problèmes de liquidité et de solvabilité des banques.
Que veut dire : « les banques centrales ont injecté X milliards de dollars ou d’euros dans le système bancaire » ?
En fait, les banques centrales ne donnent pas de l’argent aux banques, elles leur prêtent avec intérêts. Si les banques commerciales accordent trop de crédits ou se retrouvent avec trop de non-remboursements, ses propres réserves de monnaie fiduciaire sont insuffisantes pour satisfaire la demande en billets de ses clients, elle se retrouve dans l’obligation d’emprunter aux autres banques, le marché monétaire, ou d’emprunter à la banque centrale. Dans les deux cas, c’est son propre compte à la banque centrale que la banque commerciale voit débité. Les « refinancements » sont simplement ces prêts à court terme de la Banque centrale aux banquiers commerciaux qui ont des difficultés à trouver cette monnaie sur le marché monétaire par manque de confiance de leurs collègues. Bien évidemment la Banque centrale fait payer un intérêt (s’enrichit) aux banques commerciales (qui répercutent cet intérêt sur les travailleurs) et prends des escomptes en garanties. Tant que la banque commerciale peut offrir ces garanties, tout va bien ! Dans le cas contraire, la création de crédit s’arrête : c’est le crédit crunch….La fameuse crise financière dont on nous parle tant.
Qu’est-ce que le marché interbancaire ?
Les banques qui se trouvent avec un excédent de liquidités prêtent aux banques qui n’en ont pas assez à un taux légèrement supérieur au taux de refinancement. C’est le blocage de ce marché interbancaire qui est au centre de la crise financière actuelle. Toutes les banques se sont retrouvées soit à court de liquidités, ce qui les plaçait en situation de faillite, soit avec des liquidités en trop mais ne voulaient plus prêter aux autres banques de peur de ne pas récupérer leur capital prêté.
Quelle est l’importance du taux de refinancement ?
C’est le principal outil de la Banque centrale européenne (BCE) pour lutter contre l’inflation (la hausse des prix) et pour contrôler l’octroi des crédits, que ce soit pour les entreprises ou pour les particuliers. Les banques qui ont besoin d’argent pour accorder des crédits à leurs clients empruntent à la banque centrale au taux de refinancement et ensuite répercute le coût de l’intérêt sur le coût de l’intérêt des prêts accordés à ses clients. Donc, l’intérêt que nous payons sur nos prêts est dépendant du taux de refinancement de la banque centrale. Plus le taux de la BCE est bas, moins cher seront les prêts. Il y aura donc plus de personnes disposées à emprunter et l’activité économique prend plus d’importance : on consomme plus et les entreprises, pour répondre à la demande, produisent plus. Mais lorsqu’il y a trop de prêts, cela génère de l’inflation et les banques centrales augmentent donc leur taux d’intérêt afin de faire diminuer le nombre de prêt et, par conséquent de limiter l’inflation. Mais cela fait diminuer l’activité économique.
Qu’est-ce que le taux directeur ?
En fait il n’existe pas un taux directeur mais bien 3 taux directeurs. Mais le plus important est le taux de refinancement. Le taux de refinancement est le taux auquel se réfère la presse lorsqu’elle annonce que telle ou telle banque centrale diminue ou augmente ses taux. Pour la Banque centrale européenne, il est actuellement de 3,75 %. C’est le taux auquel les banques empruntent à court terme des liquidités à la banque centrale pour faire face à la demande d’argent de ses clients. C’est ici qu’intervient le marché interbancaire.
Qu’est-ce qu’une banque centrale ?
Une banque centrale est la banque de toutes les banques. Chaque pays ou zone monétaire a une banque centrale. En Belgique c’est la banque nationale. Dans la zone euro, la banque centrale ou BCE est une réunion des banques centrales de chaque pays. Il faut noter que la BCE est, de par ses statuts, totalement indépendante politiquement. Bref, les travailleurs n’ont rien à dire sur ses agissements. Les banques centrales ont pour attribution de superviser :
- La politique monétaire
- la solvabilité des banques et le respect de la réglementation. Ses moyens sont entre autres :
1) Les taux directeurs
2) La fixation du niveau des réserves monétaires obligatoires pour chaque banque
3) Les interventions sur le marché des changes Les banques centrales sont appelées « prêteur en dernier ressort » car elles prêtent aux banques commerciales lorsque celles-ci n’ont plus d’argent. Ou pour qu’elles puissent octroyer des prêts.
Qu’est-ce que le taux d’intérêt ?
Le taux d’intérêt pour les capitalistes, représente le coût de ce qu’on appelle « le loyer de l’argent ». C’est donc « un droit d’usage du capital ». Le taux d’intérêt s’applique donc à toute somme d’argent prêtée. Lorsque la banque prête un capital, c’est elle qui « touche » l’intérêt », lorsqu’on place son épargne à la banque, quelque soit la forme du placement, on devient le « prêteur », on perçoit donc un intérêt sur le capital prêté. On comprend très vite que la banque pour faire du profit doit moins rémunérer les sommes qu’elle reçoit que les sommes qu’elle prête. Le taux d’intérêt est le pourcentage du capital avancé, pour une période donnée
Qu’est-ce que la bourse ?
La bourse est une institution qui peut être privée ou publique. On peut y faire des échanges (achat-vente) d’actifs ou de biens et y fixer le prix par un système de cotation. Il existe 2 types de bourses : les bourses de commerce où se traitent les marchandises et les bourses des valeurs où s’échanges des titres d’entreprises, par exemple les actions. Dans le cas de la crise financière, c’est essentiellement de la bourse des valeurs que l’on parle.
La valeur des actions est surtout fixée par la loi de la demande et de l’offre. Donc, plus il y a d’acheteurs pour une action, plus celle-ci prendra de la valeur monétaire. Moins il y a d’acheteurs pour une action, moins celle-ci aura de la valeur monétaire. Les principales bourses du monde sont des bourses privées : Wall-Street, Londres etc…
Les produits financiers, c’est quoi ?
Il existe une multitude de produits financiers. Ils sont divisés en 2 catégories :
Les titres financiers tels que les actions, les obligations et les titres de créances.
Les produits dérivés : Futures, Swaps, forwards etc..
L’action est censée représentée une part du capital réel de l’entreprise. L’action a une durée de vie illimitée et son propriétaire court le risque total de l’entreprise. Il ne perçoit aucun revenu si l'entreprise va mal et en cas de faillite l'actionnaire passe après le créancier dans la répartition du produit de la vente des actifs, autrement dit la plupart du temps, il ne peut rien récupérer. Mais l’action donne droit chaque année à une participation au bénéfice de l’entreprise qu’on appelle le dividende. En principe, chaque actionnaire a un droit de vote à l’assemblée générale des actionnaires au prorata du nombre d’actions de l’entreprise qu’il détient.
Comme la valeur monétaire d’une action monte avec la loi de l’offre et de la demande, elle représente rarement la valeur réelle d’une entreprise et permet, comme l’expliquait Marx, la constitution d’un capital fictif. Autrement dit : la valeur monétaire totale des actions d’une entreprise est très souvent bien supérieure à sa valeur réelle.
Quel est le rôle des banques dans le système financier ?
Le rôle essentiel des banques est :
De collecter et de centraliser le capital argent.
De mettre à disposition ce capital argent aux entreprises et aux particuliers.
Cette mise à disposition se fait par l’intermédiaire du crédit.En analysant le rôle du crédit dans la société capitaliste on peut y déceler ceci :à l’origine, il a permis une formidable explosion des forces productives (usines, machines,…) en concentrant et centralisant le capital permettant l’investissement nécessaire à l’expansion industrielle : « Les prêts permettent à l’industriel d’élargir la production, d’augmenter le nombre des ouvriers et, par conséquent, d’accroître la masse de la plus-value (ce qui est en gros le bénéfice, ndlr) », a dit Marx.
En effet, il est illusoire de croire qu’un seul capitaliste économise afin d’investir sa fortune personnelle et prendre le risque de la perdre. Les capitalistes empruntent aux banques les capitaux nécessaires à l’investissement et, comme leur profit dépasse le taux d’intérêt, ils sont gagnants. De plus avec les différentes formes de société (Société Anonyme, SPRL, etc…) ils ne prennent aucun risque. Si ça tourne mal (faillite), les banques ne peuvent jamais saisir leur patrimoine personnel. Contrairement aux travailleurs qui se voient saisir leur maison lorsqu’ils ne peuvent rembourser.
Les capitalistes jouent aussi avec le capital amassé sur les marchés financiers. Ils utilisent en Bourse donc la richesse produite par les travailleurs et transformé en forme argent. Lorsque les spéculateurs jouent cette richesse à la bourse, c’est le travail accumulé par les travailleurs qu’ils jouent au casino.
Qu’est-ce que le subprime ?
Le nom complet de ce type de crédit hypothécaire est « subprime mortgage ».
Subprime parce qu’il est accordé à un emprunteur qui n’offre pas les garanties nécessaires, vu leurs faibles revenus, avec des taux variables (c’est important) peu élevés les deux premières années et ensuite très élevés ce qui apporte de gros bénéfices au prêteur. Ces prêts sont accordés pour de longues périodes : 40 ou 50 ans. Le profit important sur de longues périodes explique l’empressement des banques US à les généraliser. Celles-ci notent leurs clients en subprime, prime et non-prime. Le risque de non remboursement du candidat emprunteur est coté suivant le système du « credit scoring », une cotation en point qui évalue l’âge, la profession, l’adresse, le revenu, la situation familiale, la totalité des crédits en cours, l’historique de défaut de remboursement, parfois même l’extrait de casier judiciaire. Ce « credit scoring » est élaboré par des bureaux privés dont le plus célèbre est Fico. Si le client se révèle être défaillant, c’est-à-dire lorsque son score est inférieur à 620, il est placé dans la catégorie subprime. La catégorie prime concerne les clients avec peu de risques cotés à 650, et les non-primes sont les candidats présentant une solvabilité absolue, autrement dit, les riches. Donc, le « subprime » s’adresse en premier lieu à des pauvres ou des travailleurs pauvres. On estime à 25%, le nombre d’Américains ayant contracté un « subprime ».
Mortgage car ce mot découle du vieux français. C’était une servitude féodale qui contraignait le paysan à un endettement à vie. D’où « Mort Gage ».
Les banques spécialisées dans ces crédits hypothécaires incorporent d’ailleurs le terme dans son nom. Par ex : American home mortgage.
Pourquoi la crise des subprimes aux États-Unis a une influence ici ?
Afin d’augmenter la possibilité de faire des prêts, les banques US vont procéder à la titrisation de ces prêts. Ceci bien entendu pour pouvoir faire plus de profit et non pour rendre plus de travailleurs US propriétaires de leur logement.
Sans rentrer dans les termes techniques et afin d’être le plus clair possible, la titrisation consiste donc, pour les banques, à sortir les crédits de leur bilan pour les revendre à d’autres investisseurs ou d’autres banques. Ces acteurs financiers (banques, fonds d’investissements, hedges funds et même les fonds de pension) dans leur soif de profit vont être tout heureux de les acheter car ces crédits ont un rendement très élevés car la prime de risque est très importante. C’est la définition même du subprime. Ces investisseurs sont non seulement américains mais aussi étrangers. Donc, les banques américaines accordent ces crédits et les revendent dans le monde entier. La mondialisation a bien sûr permis cela. Récupérant du cash, les banques US pouvaient accorder de nouveaux crédits et les revendre à nouveaux. La machine s’est donc emballée. Bref, si une banque sait que si elle accorde un crédit, ce crédit peut immédiatement être revendu et sortir du bilan avec un transfert de risque à l’acheteur, cela induit automatiquement deux conséquences. La première est que cette titrisation ne vise en fait qu’à extraire plus de valeur d’un actif financier. La seconde permet une prise de risque plus importante. C’est ce qui explique la possibilité d’avoir pu prêter à des clients insolvables. Si le banquier avait dû garder ces crédits dans son bilan, il aurait étudié beaucoup mieux la solvabilité de l’emprunteur.
Les banques par ce procédé se débarrassent des risques. En Anglais le terme est « securisation » ce qui exprime bien la finalité.
Ceci est un point essentiel pour comprendre la crise. La titrisation des créances est une possibilité technique créée au début des années 80. Il a fallu une législation particulière pour le permettre. Le gouvernement US de l’époque a mis donc en place le cadre légal pour permettre aux banques d’encore augmenter leur profit. Ce n’est donc pas un avatar du système mais une décision délibérée du système néolibéral. Cette technique est apparue plus tard en Europe. Et s’est généralisée à partir de l’an 2000.
Grosso modo la technique consiste pour la banque à découper ses créances en « part de saucisson » et à les transformer en titres négociables. Elle met une part de crédit à haut risque, une à moyen risque, une à bas risque etc. Et en fait un tout pour le revendre. Il est bien évident que, dans la réalité, c’est bien plus compliqué, c’est très technique mais le principe est celui-là.
Comme ces créances titrisées ont été revendues dans le monde entier, les banques européennes sont concernées.
François Ferrara
Parti du Travail de Belgique
Qui paie la crise en fin de compte ?
L’état (les états peut-on dire car tous les états capitalistes agissent de même) apporte de l’argent frais aux banques et assurances afin d’éviter leur faillite, soit pour apporter des liquidités soit pour recapitaliser des actifs toxiques (qui n’ont plus aucune valeur). Et, c’est là que « l’arnaque » est complète : les banques, avec cet argent, achètent des actifs « sûrs » : les obligations de l’état, titre de la dette publique, pour remplacer les actifs pourris. Les banques avec l’argent de l’État, donc des travailleurs, deviennent les créanciers de l’état. Ces mêmes banques et assurances (donc leurs actionnaires) non seulement ne payent pas la crise, mais vont s’enrichir pendant des années sur le dos des travailleurs. Comme les états n’ont pas exigé de droit de vote dans les décisions de ces entreprises financières, on peut donc parler non pas de « nationalisation » des banques mais de « privatisation » de l’état. Il devient un créditeur à la solde de ses créanciers, les banques, et tout cela avec l’argent des travailleurs.
Derrière l’argument « on n’avait pas le choix » pour sauver les emplois et les petits épargnants, nos dirigeants politiques ont amené les travailleurs à être endettés pour des années vis à vis des banques. C’est très loin d’être une « nationalisation » comme les politiciens et les médias nous ont présenté cette « soupe ».
Quelle a été l’intervention des États ?
Comme même l’action du « prêteur en dernier ressort » (les banques centrales) ne pouvait juguler la crise, les états capitalistes dans leur ensemble, ont apporté de l’argent « frais » aux banques et ont donné leur garantie sur les dépôts. En Belgique, par exemple, c’est 20 milliards d’euros que l’état a injecté dans les banques. La garantie sur les dépôts des épargnants ne deviendra une dépense réelle pour l’état que si les banques ne peuvent plus « rendre » l’argent aux déposants. Mais, les 20 milliards sont bien réels, eux. Comment l’état a-t-il trouvé cet argent alors qu’il n’en a pas pour augmenter les pensions ou créer des crèches ? En augmentant la dette publique : l’état a émis de nouvelles obligations d’état, ce qui constitue une dette de l’état envers celui qui achète ces obligations. Il faudra rembourser ces obligations avec intérêts, et le remboursement est fait avec les impôts du contribuable, donc des travailleurs. Encore faut-il comprendre ce qui se cache derrière tout ça ?
Pourquoi les banques ont-elles eu des problèmes ?
Cela renvoie à la question à laquelle nous avons déjà répondu précédemment : la crise des subprimes aux États-Unis a-t-elle une influence ici ?Par la titrisation, les banques du monde entier sont donc concernées. Lorsque ces prêts n’ont plus su être remboursés, les banques se sont vite retrouvées en manque de fonds propres pour faire face à leurs engagements. Elles ont donc du tenter de lever des capitaux sur les marchés financiers, ce qui s’appelle « recapitaliser ». Mais elles ont eu des difficultés énormes à trouver des investisseurs (petits ou grands) disposés à, en quelque sorte, leur prêter de l’argent. Se retrouvant sans liquidités, les banques sont entrées dans la crise des liquidités.Les banques centrales sont donc intervenue massivement pour « injecter des liquidités », mais rien n’y fit, les « trous étaient trop importants ». C’est l’attitude de la Banque centrale européenne (BCE) et de la FED (Réserve fédérale américaine) depuis août 2007 jusque début septembre 2008. Comme les banques ne se sont plus prêtées entre elles car elles n’avaient plus confiance les unes dans les autres, un certain nombre de banques se sont retrouvées sans liquidités : elles étaient en crise de solvabilité (Northern Rock, Fortis etc…). Cela a obligé les états à intervenir afin d’éviter la faillite du système bancaire car il fallait éviter que les épargnants viennent retirer massivement et brutalement leurs dépôts ce qui n’aurait fait qu’accélérer les problèmes de liquidité et de solvabilité des banques.
Que veut dire : « les banques centrales ont injecté X milliards de dollars ou d’euros dans le système bancaire » ?
En fait, les banques centrales ne donnent pas de l’argent aux banques, elles leur prêtent avec intérêts. Si les banques commerciales accordent trop de crédits ou se retrouvent avec trop de non-remboursements, ses propres réserves de monnaie fiduciaire sont insuffisantes pour satisfaire la demande en billets de ses clients, elle se retrouve dans l’obligation d’emprunter aux autres banques, le marché monétaire, ou d’emprunter à la banque centrale. Dans les deux cas, c’est son propre compte à la banque centrale que la banque commerciale voit débité. Les « refinancements » sont simplement ces prêts à court terme de la Banque centrale aux banquiers commerciaux qui ont des difficultés à trouver cette monnaie sur le marché monétaire par manque de confiance de leurs collègues. Bien évidemment la Banque centrale fait payer un intérêt (s’enrichit) aux banques commerciales (qui répercutent cet intérêt sur les travailleurs) et prends des escomptes en garanties. Tant que la banque commerciale peut offrir ces garanties, tout va bien ! Dans le cas contraire, la création de crédit s’arrête : c’est le crédit crunch….La fameuse crise financière dont on nous parle tant.
Qu’est-ce que le marché interbancaire ?
Les banques qui se trouvent avec un excédent de liquidités prêtent aux banques qui n’en ont pas assez à un taux légèrement supérieur au taux de refinancement. C’est le blocage de ce marché interbancaire qui est au centre de la crise financière actuelle. Toutes les banques se sont retrouvées soit à court de liquidités, ce qui les plaçait en situation de faillite, soit avec des liquidités en trop mais ne voulaient plus prêter aux autres banques de peur de ne pas récupérer leur capital prêté.
Quelle est l’importance du taux de refinancement ?
C’est le principal outil de la Banque centrale européenne (BCE) pour lutter contre l’inflation (la hausse des prix) et pour contrôler l’octroi des crédits, que ce soit pour les entreprises ou pour les particuliers. Les banques qui ont besoin d’argent pour accorder des crédits à leurs clients empruntent à la banque centrale au taux de refinancement et ensuite répercute le coût de l’intérêt sur le coût de l’intérêt des prêts accordés à ses clients. Donc, l’intérêt que nous payons sur nos prêts est dépendant du taux de refinancement de la banque centrale. Plus le taux de la BCE est bas, moins cher seront les prêts. Il y aura donc plus de personnes disposées à emprunter et l’activité économique prend plus d’importance : on consomme plus et les entreprises, pour répondre à la demande, produisent plus. Mais lorsqu’il y a trop de prêts, cela génère de l’inflation et les banques centrales augmentent donc leur taux d’intérêt afin de faire diminuer le nombre de prêt et, par conséquent de limiter l’inflation. Mais cela fait diminuer l’activité économique.
Qu’est-ce que le taux directeur ?
En fait il n’existe pas un taux directeur mais bien 3 taux directeurs. Mais le plus important est le taux de refinancement. Le taux de refinancement est le taux auquel se réfère la presse lorsqu’elle annonce que telle ou telle banque centrale diminue ou augmente ses taux. Pour la Banque centrale européenne, il est actuellement de 3,75 %. C’est le taux auquel les banques empruntent à court terme des liquidités à la banque centrale pour faire face à la demande d’argent de ses clients. C’est ici qu’intervient le marché interbancaire.
Qu’est-ce qu’une banque centrale ?
Une banque centrale est la banque de toutes les banques. Chaque pays ou zone monétaire a une banque centrale. En Belgique c’est la banque nationale. Dans la zone euro, la banque centrale ou BCE est une réunion des banques centrales de chaque pays. Il faut noter que la BCE est, de par ses statuts, totalement indépendante politiquement. Bref, les travailleurs n’ont rien à dire sur ses agissements. Les banques centrales ont pour attribution de superviser :
- La politique monétaire
- la solvabilité des banques et le respect de la réglementation. Ses moyens sont entre autres :
1) Les taux directeurs
2) La fixation du niveau des réserves monétaires obligatoires pour chaque banque
3) Les interventions sur le marché des changes Les banques centrales sont appelées « prêteur en dernier ressort » car elles prêtent aux banques commerciales lorsque celles-ci n’ont plus d’argent. Ou pour qu’elles puissent octroyer des prêts.
Qu’est-ce que le taux d’intérêt ?
Le taux d’intérêt pour les capitalistes, représente le coût de ce qu’on appelle « le loyer de l’argent ». C’est donc « un droit d’usage du capital ». Le taux d’intérêt s’applique donc à toute somme d’argent prêtée. Lorsque la banque prête un capital, c’est elle qui « touche » l’intérêt », lorsqu’on place son épargne à la banque, quelque soit la forme du placement, on devient le « prêteur », on perçoit donc un intérêt sur le capital prêté. On comprend très vite que la banque pour faire du profit doit moins rémunérer les sommes qu’elle reçoit que les sommes qu’elle prête. Le taux d’intérêt est le pourcentage du capital avancé, pour une période donnée
Qu’est-ce que la bourse ?
La bourse est une institution qui peut être privée ou publique. On peut y faire des échanges (achat-vente) d’actifs ou de biens et y fixer le prix par un système de cotation. Il existe 2 types de bourses : les bourses de commerce où se traitent les marchandises et les bourses des valeurs où s’échanges des titres d’entreprises, par exemple les actions. Dans le cas de la crise financière, c’est essentiellement de la bourse des valeurs que l’on parle.
La valeur des actions est surtout fixée par la loi de la demande et de l’offre. Donc, plus il y a d’acheteurs pour une action, plus celle-ci prendra de la valeur monétaire. Moins il y a d’acheteurs pour une action, moins celle-ci aura de la valeur monétaire. Les principales bourses du monde sont des bourses privées : Wall-Street, Londres etc…
Les produits financiers, c’est quoi ?
Il existe une multitude de produits financiers. Ils sont divisés en 2 catégories :
Les titres financiers tels que les actions, les obligations et les titres de créances.
Les produits dérivés : Futures, Swaps, forwards etc..
L’action est censée représentée une part du capital réel de l’entreprise. L’action a une durée de vie illimitée et son propriétaire court le risque total de l’entreprise. Il ne perçoit aucun revenu si l'entreprise va mal et en cas de faillite l'actionnaire passe après le créancier dans la répartition du produit de la vente des actifs, autrement dit la plupart du temps, il ne peut rien récupérer. Mais l’action donne droit chaque année à une participation au bénéfice de l’entreprise qu’on appelle le dividende. En principe, chaque actionnaire a un droit de vote à l’assemblée générale des actionnaires au prorata du nombre d’actions de l’entreprise qu’il détient.
Comme la valeur monétaire d’une action monte avec la loi de l’offre et de la demande, elle représente rarement la valeur réelle d’une entreprise et permet, comme l’expliquait Marx, la constitution d’un capital fictif. Autrement dit : la valeur monétaire totale des actions d’une entreprise est très souvent bien supérieure à sa valeur réelle.
Quel est le rôle des banques dans le système financier ?
Le rôle essentiel des banques est :
De collecter et de centraliser le capital argent.
De mettre à disposition ce capital argent aux entreprises et aux particuliers.
Cette mise à disposition se fait par l’intermédiaire du crédit.En analysant le rôle du crédit dans la société capitaliste on peut y déceler ceci :à l’origine, il a permis une formidable explosion des forces productives (usines, machines,…) en concentrant et centralisant le capital permettant l’investissement nécessaire à l’expansion industrielle : « Les prêts permettent à l’industriel d’élargir la production, d’augmenter le nombre des ouvriers et, par conséquent, d’accroître la masse de la plus-value (ce qui est en gros le bénéfice, ndlr) », a dit Marx.
En effet, il est illusoire de croire qu’un seul capitaliste économise afin d’investir sa fortune personnelle et prendre le risque de la perdre. Les capitalistes empruntent aux banques les capitaux nécessaires à l’investissement et, comme leur profit dépasse le taux d’intérêt, ils sont gagnants. De plus avec les différentes formes de société (Société Anonyme, SPRL, etc…) ils ne prennent aucun risque. Si ça tourne mal (faillite), les banques ne peuvent jamais saisir leur patrimoine personnel. Contrairement aux travailleurs qui se voient saisir leur maison lorsqu’ils ne peuvent rembourser.
Les capitalistes jouent aussi avec le capital amassé sur les marchés financiers. Ils utilisent en Bourse donc la richesse produite par les travailleurs et transformé en forme argent. Lorsque les spéculateurs jouent cette richesse à la bourse, c’est le travail accumulé par les travailleurs qu’ils jouent au casino.
Qu’est-ce que le subprime ?
Le nom complet de ce type de crédit hypothécaire est « subprime mortgage ».
Subprime parce qu’il est accordé à un emprunteur qui n’offre pas les garanties nécessaires, vu leurs faibles revenus, avec des taux variables (c’est important) peu élevés les deux premières années et ensuite très élevés ce qui apporte de gros bénéfices au prêteur. Ces prêts sont accordés pour de longues périodes : 40 ou 50 ans. Le profit important sur de longues périodes explique l’empressement des banques US à les généraliser. Celles-ci notent leurs clients en subprime, prime et non-prime. Le risque de non remboursement du candidat emprunteur est coté suivant le système du « credit scoring », une cotation en point qui évalue l’âge, la profession, l’adresse, le revenu, la situation familiale, la totalité des crédits en cours, l’historique de défaut de remboursement, parfois même l’extrait de casier judiciaire. Ce « credit scoring » est élaboré par des bureaux privés dont le plus célèbre est Fico. Si le client se révèle être défaillant, c’est-à-dire lorsque son score est inférieur à 620, il est placé dans la catégorie subprime. La catégorie prime concerne les clients avec peu de risques cotés à 650, et les non-primes sont les candidats présentant une solvabilité absolue, autrement dit, les riches. Donc, le « subprime » s’adresse en premier lieu à des pauvres ou des travailleurs pauvres. On estime à 25%, le nombre d’Américains ayant contracté un « subprime ».
Mortgage car ce mot découle du vieux français. C’était une servitude féodale qui contraignait le paysan à un endettement à vie. D’où « Mort Gage ».
Les banques spécialisées dans ces crédits hypothécaires incorporent d’ailleurs le terme dans son nom. Par ex : American home mortgage.
Pourquoi la crise des subprimes aux États-Unis a une influence ici ?
Afin d’augmenter la possibilité de faire des prêts, les banques US vont procéder à la titrisation de ces prêts. Ceci bien entendu pour pouvoir faire plus de profit et non pour rendre plus de travailleurs US propriétaires de leur logement.
Sans rentrer dans les termes techniques et afin d’être le plus clair possible, la titrisation consiste donc, pour les banques, à sortir les crédits de leur bilan pour les revendre à d’autres investisseurs ou d’autres banques. Ces acteurs financiers (banques, fonds d’investissements, hedges funds et même les fonds de pension) dans leur soif de profit vont être tout heureux de les acheter car ces crédits ont un rendement très élevés car la prime de risque est très importante. C’est la définition même du subprime. Ces investisseurs sont non seulement américains mais aussi étrangers. Donc, les banques américaines accordent ces crédits et les revendent dans le monde entier. La mondialisation a bien sûr permis cela. Récupérant du cash, les banques US pouvaient accorder de nouveaux crédits et les revendre à nouveaux. La machine s’est donc emballée. Bref, si une banque sait que si elle accorde un crédit, ce crédit peut immédiatement être revendu et sortir du bilan avec un transfert de risque à l’acheteur, cela induit automatiquement deux conséquences. La première est que cette titrisation ne vise en fait qu’à extraire plus de valeur d’un actif financier. La seconde permet une prise de risque plus importante. C’est ce qui explique la possibilité d’avoir pu prêter à des clients insolvables. Si le banquier avait dû garder ces crédits dans son bilan, il aurait étudié beaucoup mieux la solvabilité de l’emprunteur.
Les banques par ce procédé se débarrassent des risques. En Anglais le terme est « securisation » ce qui exprime bien la finalité.
Ceci est un point essentiel pour comprendre la crise. La titrisation des créances est une possibilité technique créée au début des années 80. Il a fallu une législation particulière pour le permettre. Le gouvernement US de l’époque a mis donc en place le cadre légal pour permettre aux banques d’encore augmenter leur profit. Ce n’est donc pas un avatar du système mais une décision délibérée du système néolibéral. Cette technique est apparue plus tard en Europe. Et s’est généralisée à partir de l’an 2000.
Grosso modo la technique consiste pour la banque à découper ses créances en « part de saucisson » et à les transformer en titres négociables. Elle met une part de crédit à haut risque, une à moyen risque, une à bas risque etc. Et en fait un tout pour le revendre. Il est bien évident que, dans la réalité, c’est bien plus compliqué, c’est très technique mais le principe est celui-là.
Comme ces créances titrisées ont été revendues dans le monde entier, les banques européennes sont concernées.
jeudi 20 novembre 2008

L’historienne Annie Lacroix-Riz - D'une crise à l'autre : 1929-2008
Nous faisons face à la plus grave crise depuis celle de 1929, disent tous les analystes. Mais que fut cette crise de 1929 ? Quelles en sont les origines ? Quelles en ont été les conséquences ? Retour sur une histoire riche en enseignement.
Annie Lacroix-Riz
Photo Solidaire Martine Reymaekers
Julien Versteegh
PTB
Les causes de la crise de 1929
Annie Lacroix-Riz. La crise de 1929 est avant tout une crise de surproduction (désigne une production trop importante par rapport à la demande,ndlr) qui se produit au terme des dix ans qui ont succédé la première guerre mondiale qui elle-même avait mis fin à la première grande crise du capitalisme de 1873. La surproduction a entraîné une baisse des taux de profit insupportable pour le capital. Il y avait eu la Première guerre mondiale (1914-1918) qui avait détruit la surproduction, mais pas assez. En 1920-1921, une crise sévère éclate mais dont le capitalisme international et surtout américain se sort en liquidant beaucoup de capital, en augmentant le chômage etc… Suit une période de très intense accumulation du capital qui se traduit par des concentrations énormes. C’est dans le courant des années 1920 que se constituent les plus grands groupes industriels monopolistes qui existent encore aujourd’hui comme l’IG Farben et les Aciéries réunies (Vereinigte Stahlwerke) en Allemagne, etc. Avec comme corollaire un développement du chômage.Alors pourquoi cela explose en 1929 ? Il s’est produit exactement les mêmes phénomènes qu’aujourd’hui. Cette énorme concentration du capital a développé des moyens gigantesques de production (des usines gigantesques, ndlr) et pesé négativement sur le taux de profit. Ce phénomène a été accompagné par des phénomènes spéculatifs. Rappelons qu’une des caractéristiques du capital, c’est la dissociation du capital argent de la production, revenons au Capital de Marx. Il y a donc eu une énorme spéculation entre 1924 et 1929, entraînant une différence entre le niveau de la production matérielle et le niveau de la spéculation.
Comme aujourd’hui, le facteur financier a été non pas la cause de la crise, mais le facteur déclenchant de la crise.
Par exemple aux États-Unis, quelques secteurs avaient connu une croissance remarquable, les industries neuves, l’automobile, l’industrie électrique. Mais d’autres secteurs étaient morts. Il y avait une surproduction structurelle dans l’agriculture, le charbon était en crise, il y avait du chômage massif dans toutes les vieilles industries, l’industrie textile était malade.
Donc comme aujourd’hui, le facteur financier a été non pas la cause de la crise, mais le facteur déclenchant de la crise. Quand on dit aujourd’hui aux gens que c’est une crise différente parce qu’il s’agit d’une crise boursière, c’est complètement faux. Il s’est produit les mêmes mécanismes de surproduction.
Les conséquences de la crise de 1929
Annie Lacroix-Riz. À un moment donné se pose la question suivante : comment faire pour que les fractions dominantes du capital conservent un taux de profit jugé suffisant ? Cela suppose que les salaires soient réduits de manière drastique et qu’une partie du capital soit détruite. Les petites entreprises ferment et on licencie massivement des travailleurs. La tendance du capitalisme a toujours été d’abaisser le salaire. Mais en période de crise, il s’agit de tendre pratiquement à ce que le salaire soit réduit au maximum. Il y a donc eu une pression formidable sur les salaires qui entraîne une baisse du niveau de vie de 30, 40 % voir plus. C’est ce qui est arrivé dans une série de pays. Marx l’analyse en permanence : une crise se traduit par l’éviction massive de salariés et donc un chômage de masse, ce que Marx appelle l’armée de réserve, qui est un élément majeur de la réduction du salaire.Il y avait donc des capacités productives gigantesques mais plus de marché. La spéculation s’écroule et la valeur boursière des firmes ressemble à ce qui se passe aujourd’hui. Le capital est alors obligé d’adapter la production à la situation. La production s’arrête, les marchés se restreignent et c’est la boule de neige.
L’Allemagne est alors la plus touchée. Pourquoi ? Parce que l’Allemagne était alors dans la situation des États-Unis aujourd’hui mais dans une moindre mesure. L’Allemagne était un pays qui vivait complètement à crédit, qui avait largement emprunté depuis 1924. Mais au moment de la crise, les prêteurs rapatrient massivement leurs billes et le pays s’effondre par pans.Autre facteur, l’Allemagne était un gros producteur de biens de productions, ce qui s’effondre le plus vite en cas de crise. C’est ce qui explique aujourd’hui la situation de l’industrie automobile, ou des machines-outils. Tout ce qui ne relève pas de la consommation contrainte, alimentaire, etc… peut s’effondrer dans l’année.
Chiffrer les conséquences de la crise de 1929
Annie Lacroix-Riz. L’Allemagne se retrouve avec un chômage total de 50 % et tout le reste en chômage partiel. En 1932, le pays compte 7 millions de chômeurs totaux.Aux États-Unis, c’est du même ordre. Les États-Unis font partie de ces pays où le capitalisme est le plus concentré, producteurs de biens de production : c’est là que la chute de la production a été la plus extraordinaire. En deux ans, la production industrielle américaine a baissé du tiers. Même chose en Allemagne.Le capital a tendance à liquider son marché puisqu’il liquide ses salaires. Plus il liquide ses salaires, plus il compte sur le marché extérieur. Mais comme tout le monde fait la même chose, il n’y a plus de marché. L’Allemagne se retrouve en 1932 avec pour l’essentiel un seul client, l’URSS qui était en pleine santé et qui avait des taux de croissance de 15 à 20 % par an.
Pour le capitalisme, la solution à la crise suppose que les salaires soient réduits de manière drastique.
Et c’est là qu’on comprend la sortie de crise. Le capital qui contrôle l’État exige pour reconstituer les conditions de fonctionnement du capital que les salaires soient complètement écrasés, ce qui est fait par le chômage et par l’action directe sur le niveau des salaires. Il exige que des pans entiers de l’économie soient sacrifiés. Et comme il n’y a plus de marché, qu’il ne lui est plus possible d’ouvrir de marchés pacifiquement, il tente de le faire par la guerre.
La Seconde Guerre mondiale, solution à la crise
Annie Lacroix-Riz. En période de crise, chaque capitaliste essaye de liquider la concurrence des autres en se taillant de nouvelles zones d’exploitation. Comment se taille-t-on de nouvelles zones d’exploitation ? Par la conquête. L’Allemagne a essayé de conquérir le monde, les États-Unis ont essayé de conquérir le monde, l’une et l’autre y sont assez bien arrivés. Et les petits impérialistes essayent de se tailler un petit morceau dans tout ça.Le capitalisme ne peut gérer la crise que par la guerre générale. La question des peuples est de savoir s’ils vont laisser le capital réduire la crise par la guerre générale. Toute absence de réaction populaire en vue de transformations profondes est une chance de plus donnée à la solution de guerre générale pour réduire la crise.
Réaction des gouvernements
Annie Lacroix-Riz. On dit aux gens un grand mensonge. On leur dit qu’à l’époque, les États ne sont pas intervenus comme aujourd’hui. Mais ils sont intervenus tout de suite, ils ont nationalisé le secteur bancaire. En Allemagne, Heinrich Brüning (catholique), qui est au pouvoir de 1930 à 1932, nationalise de fait le secteur bancaire (qu’Hitler rendra aux banquiers, sans frais, en 1933-1934). Et l’État prend en charge toute une série de secteurs.Les gouvernements à l’époque ont réagi exactement comme aujourd’hui, en protégeant le grand capital et en accablant les masses populaires.Le New Deal (plan de relance économique du président américain Roosevelt entre 1933 et 1938) aux États-Unis a été caractérisé d’une part par un financement d’État considérable qui a pesé sur le contribuable seul et d’autre part par la préparation de la guerre. Je signale d’ailleurs que ce qui a fait sortir les États-Unis de la crise, ce n’est pas le New Deal, c’est la guerre.
Le rôle des socialistes dans la crise de 1929
Annie Lacroix-Riz. La social-démocratie a essayé de trouver une solution où elle pouvait. Elle avait très peur des changements profonds. Elle a donc accompagné le capital dans ses tentatives pour résoudre la crise et a accepté la politique du moindre mal. Elle a accepté les baisses de salaires. C’était une stratégie d’accompagnement qui a contribué en Allemagne aux succès d’Hitler.Dans les pays où le mouvement révolutionnaire était plus important, où il a été capable de susciter une forte résistance de la population, la social-démocratie a dû consentir à la stratégie des Fronts Populaires qui lui a été imposée. Les archives de la SFIO (ancêtre du Parti socialiste français) sont très claires. Il y a des pays où le mécontentement des masses orienté par les forces révolutionnaires a été de nature à faire pression sur la social-démocratie. Toute une fraction d’entre elle restant subjectivement alliée au grand capital et accompagnant ses réorganisation drastique. De Man en Belgique et un certain nombre de secteurs de la social-démocratie se sont ralliés à l’extrême droite fasciste.
La crise actuelle donne la parole au peuple pour trouver la solution la plus rapide compte tenu de ce qui risque de se passer.
Il y a donc eu, en fonction des rapports de force, des stratégies différentes. Mais la stratégie défensive des ouvriers n’a jamais été la réponse spontanée des sociaux-démocrates. La réponse spontanée des sociaux-démocrates, c’est la réponse des pays où ils étaient dominants, c’est-à-dire la réponse allemande. On laisse faire et on essaie de limiter le mécontentement populaire.
Différences et points communs entre la crise de 1929 et la crise actuelle
Annie Lacroix-Riz. On peut faire l’analyse qu’au contraire de ce que l’on raconte aujourd’hui, les circonstances de déclenchement de la crise sont des circonstances tout à fait semblables à celle de 1929.
La grande différence, c’est d’abord que la surproduction aujourd’hui est très supérieure à celle de 1929. Dix ans d’accumulation (1919-1929), ce n’est pas 60 ans d’accumulation (1945-2008).
Donc il y a des chances que, annoncée par toute une série de crise cycliques et/ou périphérique (hors du « centre »), cette crise-ci soit d’une ampleur comme on n’en a jamais vu. Si les mécanismes de formation de la crise sont les mêmes qu’autrefois, la crise d’aujourd’hui est plus grave que la crise des années 1930 qui était elle-même plus grave que celle de 1873. Cela ressemble donc aux précédentes, c’est plus grave que les précédentes et cela donne la parole au peuple pour trouver la solution la plus rapide compte tenu de ce qui risque de se passer.
Qui est Annie Lacroix-Riz ?
http://www.ptb.be/fr/nouvelles/article/article/qui-est-annie-lacroix-riz.html
Annie Lacroix-Riz est une historienne française, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII – Denis Diderot.
Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages qui traitent de la collaboration des élites françaises pendant la seconde guerre mondiale.À lire entre autres:- Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, 1999.Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 30, éd. Armand Colin, 2006, 671 p.
- De Munich à Vichy : L’assassinat de la Troisième République (1938-1940), Paris, Armand Colin, 2008Disponible au PTB-Shop
Pour plus d’informations, consultez son site internet http://www.historiographie.info/
mardi 18 novembre 2008
Réactions de la Coalition solidarité santé aux engagements de Jean Charest qui propose de résoudre la pénurie de médecins de famille
La Coalition solidarité santé réagit vivement aux engagements de M. Jean Charest en ce qui concerne les difficultés d’accès à un médecin de famille. Selon M. Charest, un gouvernement libéral arrivera à mettre fin à la pénurie de médecins.
Or, nous rappelons à M. Charest que, selon les chiffres officiels de la Régie de l’assurance maladie du Québec, le nombre de médecins non participants est passé de 13 omnipraticiens et 32 spécialistes en 1988 à 101 omnipraticiens et 74 spécialistes en octobre 2008. L’augmentation la plus fulgurante coïncide avec son arrivée au pouvoir en 2003. À cette époque, 57 médecins seulement étaient désengagés du système public. Comment peut-il aujourd’hui affirmer à la population québécoise, sans aucune gêne, qu’un gouvernement libéral apportera une réponse aux problèmes d’accès à un médecin alors qu’il a lui-même permis l’aggravation de cette pénurie?
M. Charest gagnerait en crédibilité dans ses engagements s’ils étaient assortis d’un nécessaire resserrement des règles de désengagement des médecins de la RAMQ, voire d’un moratoire total sur le désengagement.
Claudelle Cyr
Coalition solidarité santé.
La Coalition solidarité santé réagit vivement aux engagements de M. Jean Charest en ce qui concerne les difficultés d’accès à un médecin de famille. Selon M. Charest, un gouvernement libéral arrivera à mettre fin à la pénurie de médecins.
Or, nous rappelons à M. Charest que, selon les chiffres officiels de la Régie de l’assurance maladie du Québec, le nombre de médecins non participants est passé de 13 omnipraticiens et 32 spécialistes en 1988 à 101 omnipraticiens et 74 spécialistes en octobre 2008. L’augmentation la plus fulgurante coïncide avec son arrivée au pouvoir en 2003. À cette époque, 57 médecins seulement étaient désengagés du système public. Comment peut-il aujourd’hui affirmer à la population québécoise, sans aucune gêne, qu’un gouvernement libéral apportera une réponse aux problèmes d’accès à un médecin alors qu’il a lui-même permis l’aggravation de cette pénurie?
M. Charest gagnerait en crédibilité dans ses engagements s’ils étaient assortis d’un nécessaire resserrement des règles de désengagement des médecins de la RAMQ, voire d’un moratoire total sur le désengagement.
Claudelle Cyr
Coalition solidarité santé.
dimanche 16 novembre 2008
"AUX PROBLÈMES PUBLICS, DES SOLUTIONS PUBLIQUES", Amir Khadir

Propositions de Québec solidaire en matière de santé
« Le privé détourne des ressources dont le système public aurait bien besoin, que ce soit en terme d’équipements ou de ressources humaines. Pour la population, le privé, ça veut dire moins de médecins, moins d’infirmières et des listes d’attente plus longues, faute d’avoir accès à des équipements rapidement. Je suis ici aujourd’hui pour souligner que le privé n’est pas la solution aux maux qui affligent le système de santé », a déclaré Dre Véronique Nally.
Ruba Ghazal (Laurier-Dorion) a insisté sur le lien entre les problèmes environnementaux et les problèmes de santé des Québécois-es. « Montréal connaît des épisodes de smog intense depuis plusieurs jours. La qualité de l’air qui se dégrade aggrave les problèmes respiratoires des personnes les plus vulnérables, soit les personnes âgées et les enfants, pouvant même aller jusqu’à causer des cancers. »
Des conditions de travail qui se dégradent riment aussi avec une aggravation des problèmes de santé. « On sait maintenant que le stress, les longues heures et la dégradation des conditions de travail en général sont à la source de nombreux problèmes de santé, notamment de santé mentale », a indiqué André Frappier (Crémazie).
La porte-parole de Québec solidaire Françoise David a pour sa part plaidé pour retour à la mission fondamentale des CLSC. « Les CLSC doivent retrouver leur mission sociale, qui consiste entre autres à faire de la prévention auprès de la population, notamment la plus pauvre. Et parce que la pauvreté est un passeport assuré vers la maladie, le gouvernement doit faire de la justice sociale une priorité. »
Le porte-parole Amir Khadir a fait une défense passionnée d’un système de santé public, gratuit et accessible pour tous. « Toutes les études concordent : le privé en santé coûte plus cher, en plus d’être moins efficace et moins accessible que le système de santé public. Étonnamment, le PQ n’avait rien à dire aujourd’hui sur la privatisation des soins de santé, alors qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour la population. Québec solidaire est le seul parti qui n’a pas peur d’affirmer qu’aux problèmes publics, il faut des solutions publiques. »
Québec solidaire propose, entre autres :
- une augmentation importante des services de maintien à domicile qui évitera de nombreuses hospitalisations ;
- une augmentation des places en CHSLD pour désengorger les lits d'hôpitaux occupés par des personnes âgées ;
- une gestion régionale concertée et centralisée des listes d'attente en chirurgie et pour les soins spécialisés ;
- une augmentation des lits de soins actifs et du personnel médical, notamment, à court terme, par le recours à court terme à une meilleure intégration des professionnels formés hors Québec.
« Le recours au privé n’est pas une fatalité. Nous pouvons renverser la vapeur. Le 8 décembre, nous devons élire des candidats-es qui défendront avec vigueur le système de santé public », a conclu Amir Khadir.
Renseignements : Nika Deslauriers, attachée de presse d’Amir Khadir, 514-710-6452
jeudi 13 novembre 2008

DÉBAT DES CHEFS :
« QUI A PEUR DE FRANÇOISE DAVID ? »,
AMIR KHADIR
Montréal, le 13 novembre – Québec solidaire tenait un point de presse ce matin devant le bureau du Premier ministre et chef du Parti libéral Jean Charest pour se prononcer sur ce qui a toutes les apparences d’un blocage politique quant à la participation de Françoise David au débat des chefs. Pour symboliser une voix que l’on fait taire, des autocollants « debatpourtous.net » ont été placés sur les pancartes de Québec solidaire.
« À la lecture des forums en ligne et partout où je passe : les gens disent que l’exclusion de Françoise David du débat des chefs n’est pas à la hauteur d’un véritable débat démocratique. Se priver de Françoise David au débat, c’est priver les Québécois-es d’une voix importante et pertinente. J’interpelle tout particulièrement le chef du PLQ Jean Charest et la chef du PQ Pauline Marois de faire preuve de tout le sens démocratique qu’on leur connaît et d’accepter le scénario du consortium qui permettrait la présence de Françoise David au débat », a indiqué le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir.
Pour le moment, seul l’ADQ a publiquement pris position en faveur de la participation de Québec solidaire et du Parti vert au débat.
« Qui a peur de Françoise David ?, a poursuivi Amir Khadir. Deux chefs aussi aguerris que Mme Marois et M. Charest devraient accepter avec enthousiasme le défi de débattre avec une figure aussi importante du mouvement social et politique. »
Le porte-parole en a profité pour réitérer les arguments qui militent en faveur de la participation de Françoise David au débat. « D’abord, Françoise David contribuerait positivement au débat, tant au niveau des idées que du ton. Ensuite, elle est une porte-parole reconnue d’un parti politique légitime, crédible et sérieux. Comme aux dernières élections, nous entendons présenter des candidates et des candidats dans toutes les circonscriptions. Et puis, la loi électorale est de notre côté : elle oblige les réseaux à fournir du temps d’antenne gratuit à tous les partis ayant obtenu plus de 3 % à la dernière élection générale. Cette mesure a le grand mérite de fournir un critère objectif pour déterminer qui peut participer au débat », a conclu Amir Khadir.
Québec solidaire invite tous ceux et celles qui ont à cœur la démocratie à signer la pétition au: http://www.debatpourtous.net/ Nous appelons également les groupes de la société civile à se prononcer sur cet enjeu démocratique.
« QUI A PEUR DE FRANÇOISE DAVID ? »,
AMIR KHADIR
Montréal, le 13 novembre – Québec solidaire tenait un point de presse ce matin devant le bureau du Premier ministre et chef du Parti libéral Jean Charest pour se prononcer sur ce qui a toutes les apparences d’un blocage politique quant à la participation de Françoise David au débat des chefs. Pour symboliser une voix que l’on fait taire, des autocollants « debatpourtous.net » ont été placés sur les pancartes de Québec solidaire.
« À la lecture des forums en ligne et partout où je passe : les gens disent que l’exclusion de Françoise David du débat des chefs n’est pas à la hauteur d’un véritable débat démocratique. Se priver de Françoise David au débat, c’est priver les Québécois-es d’une voix importante et pertinente. J’interpelle tout particulièrement le chef du PLQ Jean Charest et la chef du PQ Pauline Marois de faire preuve de tout le sens démocratique qu’on leur connaît et d’accepter le scénario du consortium qui permettrait la présence de Françoise David au débat », a indiqué le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir.
Pour le moment, seul l’ADQ a publiquement pris position en faveur de la participation de Québec solidaire et du Parti vert au débat.
« Qui a peur de Françoise David ?, a poursuivi Amir Khadir. Deux chefs aussi aguerris que Mme Marois et M. Charest devraient accepter avec enthousiasme le défi de débattre avec une figure aussi importante du mouvement social et politique. »
Le porte-parole en a profité pour réitérer les arguments qui militent en faveur de la participation de Françoise David au débat. « D’abord, Françoise David contribuerait positivement au débat, tant au niveau des idées que du ton. Ensuite, elle est une porte-parole reconnue d’un parti politique légitime, crédible et sérieux. Comme aux dernières élections, nous entendons présenter des candidates et des candidats dans toutes les circonscriptions. Et puis, la loi électorale est de notre côté : elle oblige les réseaux à fournir du temps d’antenne gratuit à tous les partis ayant obtenu plus de 3 % à la dernière élection générale. Cette mesure a le grand mérite de fournir un critère objectif pour déterminer qui peut participer au débat », a conclu Amir Khadir.
Québec solidaire invite tous ceux et celles qui ont à cœur la démocratie à signer la pétition au: http://www.debatpourtous.net/ Nous appelons également les groupes de la société civile à se prononcer sur cet enjeu démocratique.
mardi 11 novembre 2008
La Havane. 10 Novembre 2008
Paloma a fait des dégâts, mais…
C’est une chance d’avoir la Révolution
Maria Julia Mayoral
Granma International
Gustave et Ike réunis avaient occasionné des pertes dont l’évaluation définitive se monte à 8,6 milliards de dollars et avaient notamment détruit un demi-million de logements. Paloma est entré à Cuba par la côte sud de la province de Camagüey, à Santa Cruz del Sur ; ses vents, ses pluies et les inondations côtières y ont laissé des traces difficiles à effacer.
L’Etat-Major de la Défense civile a décrété la phase de récupération pour les municipalités de Santa Cruz del Sur, Najasa et Guaimaro après le passage du cyclone. Les travaux commencent et la vie reprend peu à peu son cours, avec le retour des évacués sur leurs lieux de résidence.
A l’échelle nationale, plus de 1 200 000 Cubains ont été transférés en des lieux sûrs, dont près de 18% (quelque 220 000) ont utilisé 1 448 installations mises à leur disposition par l’Etat ; les autres ont été accueillis par leur famille ou leurs amis, qui leur ont tendu une main solidaire.
L’évacuation, qui s’est étalée sur 48 heures, a requis l’utilisation de plus de quatre mille véhicules routiers, de treize trains et d’un abondant matériel de communications.
Une fois de plus, ce sont les logements qui ont le plus souffert. C’est le cas notamment à Santa Cruz del Sur, où de nombreuses maisons se sont totalement effondrées, détruisant les biens de leurs habitants : batterie de cuisine, effets personnels, meubles, réfrigérateurs et climatiseurs, dont certains étaient flambant neufs. Ce genre de pertes a aussi été signalé, mais dans une moindre mesure, dans des communes de la province de Las Tunas comme Najasa et Amancio Rodriguez.
De nombreuses zones de la région demeurent sans électricité. Dans les communications, Santa Cruz del Sur et Amancio Rodriguez ainsi que 71 localités plus petites ont perdu leurs relais habituels, mais des circuits alternatifs ont été mis en place. Les routes aussi ont été endommagées, particulièrement le long de la côte sud des provinces de Camagüey et Las Tunas, selon des informations rendues publiques lors de l’émission télévisée Table ronde de ce 9 novembre.
Le système national de la Défense civile et les Conseils de défense ont donné une nouvelle preuve de leur capacité de prévision, d’organisation et de direction dans des situations de catastrophe naturelle ; cet entraînement est bien entendu le fruit de l’œuvre révolutionnaire.
Même si aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée, il ne faut pas pour autant sous-évaluer les effets de l’ouragan Paloma : en dehors des pertes infligées aux familles et au secteur d’Etat, il faut encore comptabiliser le coût élevé de l’évacuation et de la prise en charge des personnes (transport, hébergement et alimentation) et la réduction des revenus perçus dans des secteurs fondamentaux comme le tourisme, en raison de l’annulation de vols et de l’interruption de services divers. Toutefois, les autorités locales sont d’ores et déjà en mesure de signaler que toutes les installations touristiques seront prêtes à recevoir leurs visiteurs pendant la haute saison qui débute dès le mois prochain.
Enfin, on ne saurait oublier que les activités ont été interrompues dans de nombreux centres de production et que l’agriculture a une nouvelle fois souffert des assauts de la nature.
Il s’agit donc pour les Cubains de se consacrer avec des énergies renouvelées à la production et aux services, comme l’a signalé Fidel dans ses dernières Réflexions, car il n’y a pas d’autre réponse à apporter aux circonstances adverses.
Paloma a fait des dégâts, mais…
C’est une chance d’avoir la Révolution
Maria Julia Mayoral
Granma International
IL est un peu trop pour dresser un bilan exact des dégâts matériels occasionnés par Paloma, le troisième ouragan de grande intensité qui frappe l’île en l’espace de dix semaines, mais face à ce nouveau désastre naturel, les Cubains peuvent le dire et le répéter : c’est une chance d’avoir la Révolution. Pas une seule victime mortelle car, comme d’habitude, personne n’a été oublié.
Gustave et Ike réunis avaient occasionné des pertes dont l’évaluation définitive se monte à 8,6 milliards de dollars et avaient notamment détruit un demi-million de logements. Paloma est entré à Cuba par la côte sud de la province de Camagüey, à Santa Cruz del Sur ; ses vents, ses pluies et les inondations côtières y ont laissé des traces difficiles à effacer.
L’Etat-Major de la Défense civile a décrété la phase de récupération pour les municipalités de Santa Cruz del Sur, Najasa et Guaimaro après le passage du cyclone. Les travaux commencent et la vie reprend peu à peu son cours, avec le retour des évacués sur leurs lieux de résidence.
A l’échelle nationale, plus de 1 200 000 Cubains ont été transférés en des lieux sûrs, dont près de 18% (quelque 220 000) ont utilisé 1 448 installations mises à leur disposition par l’Etat ; les autres ont été accueillis par leur famille ou leurs amis, qui leur ont tendu une main solidaire.
L’évacuation, qui s’est étalée sur 48 heures, a requis l’utilisation de plus de quatre mille véhicules routiers, de treize trains et d’un abondant matériel de communications.
Une fois de plus, ce sont les logements qui ont le plus souffert. C’est le cas notamment à Santa Cruz del Sur, où de nombreuses maisons se sont totalement effondrées, détruisant les biens de leurs habitants : batterie de cuisine, effets personnels, meubles, réfrigérateurs et climatiseurs, dont certains étaient flambant neufs. Ce genre de pertes a aussi été signalé, mais dans une moindre mesure, dans des communes de la province de Las Tunas comme Najasa et Amancio Rodriguez.
De nombreuses zones de la région demeurent sans électricité. Dans les communications, Santa Cruz del Sur et Amancio Rodriguez ainsi que 71 localités plus petites ont perdu leurs relais habituels, mais des circuits alternatifs ont été mis en place. Les routes aussi ont été endommagées, particulièrement le long de la côte sud des provinces de Camagüey et Las Tunas, selon des informations rendues publiques lors de l’émission télévisée Table ronde de ce 9 novembre.
Le système national de la Défense civile et les Conseils de défense ont donné une nouvelle preuve de leur capacité de prévision, d’organisation et de direction dans des situations de catastrophe naturelle ; cet entraînement est bien entendu le fruit de l’œuvre révolutionnaire.
Même si aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée, il ne faut pas pour autant sous-évaluer les effets de l’ouragan Paloma : en dehors des pertes infligées aux familles et au secteur d’Etat, il faut encore comptabiliser le coût élevé de l’évacuation et de la prise en charge des personnes (transport, hébergement et alimentation) et la réduction des revenus perçus dans des secteurs fondamentaux comme le tourisme, en raison de l’annulation de vols et de l’interruption de services divers. Toutefois, les autorités locales sont d’ores et déjà en mesure de signaler que toutes les installations touristiques seront prêtes à recevoir leurs visiteurs pendant la haute saison qui débute dès le mois prochain.
Enfin, on ne saurait oublier que les activités ont été interrompues dans de nombreux centres de production et que l’agriculture a une nouvelle fois souffert des assauts de la nature.
Il s’agit donc pour les Cubains de se consacrer avec des énergies renouvelées à la production et aux services, comme l’a signalé Fidel dans ses dernières Réflexions, car il n’y a pas d’autre réponse à apporter aux circonstances adverses.
vendredi 7 novembre 2008
États-Unis :: Des progressistes américains s'expriment sur la victoire d’Obama
Solidaire, PTB
Des progressistes et communistes américains donnent leur avis sur la victoire d’Obama et la défaite de McCain.
Richard Berg, président de Teamsters Local 743 (syndicat des camionneurs) à Chicago
« L’élection de Barack Obama, le premier président Afro-américain, est une grande victoire pour tous les travailleurs. Mais les riches vont essayer de nous prendre cette victoire des mains et nous devons la défendre par l’organisation sur le terrain pour la Loi de libre choix des employés, contre les accords de libre-échange et pour les soins de santé pour tous » (Cité dans Fight Back, 5 novembre)
Jess Sundin, un des organisateurs de la manifestation anti-guerre lors de la Convention nationale républicaine à Saint-Paul (Minnesota)
« Des centaines de milliers de personnes ont marché dans les rues contre la guerre et l’occupation en Iraq. Aujourd’hui, des millions d’entre nous ont pris leur sort en main en votant pour défaire John McCain et sa politique guerrière, d’appauvrissement et d’injustice »
Stef Yorek, Secrétaire politique de la Freedom Road Socialist Organization
« La défaite de McCain est une victoire que nous devons renforcer. Les Républicains ont essayé d’utiliser le racisme dans leurs efforts de victoire. Mais à la fin, ils ont échoué. Il y a eu une vague au sein de la communauté afro-américaine et parmi les autres communautés nationales oppressées, et il y a eu un large sentiment au sein de la classe ouvrière que la direction républicaine doit prendre fin. (…) Le terrain politique a changé de façon considérable et la droite s’est pris un revers majeur.Mais nous devons agir en conscience de cause : le parti Démocrate est l’autre parti du grand business. Dans les temps à venir, il est important que tous ceux qui veulent la paix, la justice et l’égalité et la libération continue de s’organiser et de lutter »
Michael Moore, réalisateur
« Les racistes étaient présents tout au long de la campagne jusque dans les isoloirs. Mais ils n’ont plus la majorité, et nous verrons leur flamme de haine tomber à l’eau de notre vivant. (…) ll y a eu une autre ‘première’ la nuit dernière. Jamais avant dans notre histoire un candidat anti-guerre avoué n’a été élu en temps de guerre. J’espère que le président élu Obama se souviendra de cela lorsqu’il considèrera l’extension de la guerre en Afghanistan. La foi que nous avons maintenant risque de se perdre s’il oublie l’aspect principal sur lequel il a battu ses rivaux démocrates durant les primaires et un grand héros de guerre lors des élections générales. Le peuple américain est fatigué de la guerre. Malade et fatigué. Et sa voix a été forte et claire hier. » (www.michaelmoore.com)
Michael Parenti, penseur progressiste américain
« À ma grande rage impuissante, je constate que les candidats à la présidence McCain et Obama continuent tous deux, aujourd’hui, à parler des États-Unis comme du leader mondial, comme d’un État unique dans l’histoire, chargé d’une mission particulière. Alors que de plus en plus de gens aux États-Unis ne comprennent pas pourquoi notre pays, en soi, devrait être le leader du monde, pourquoi il serait le seul à posséder des centaines de bases militaires dans le monde entier, pourquoi nous devons avoir des flottes de guerre dans chaque océan, pourquoi nous devons avoir des missiles susceptibles de pouvoir raser chaque ville du monde… » (Solidaire, 13 octobre 2008)
Cornel West, professeur à l’université de Princeton, un des intellectuels afro-américains les plus connu
« Barack Obama est certainement déterminé à mettre fin à l’hégémonie conservatrice, et c’est pour cela que je le soutiens. Mais est-il aussi déterminé à mettre un terme à l’hégémonie néolibérale ? Nous ne savons pas. Sera-t-il capable de faire passer un nouveau New Deal, d’investir dans les infrastructures, dans l’éducation… ? De relancer la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ? Nous ne le savons pas, nous l’espérons. Mais voyez qui le conseille en matière économique : Rubin, Summers, Volcker, ces personnalités néolibérales de l’administration Clinton, qui n’ont jamais su saisir l’opportunité de s’attaquer à la pauvreté et au racisme. Si Barack arrive à la Maison-Blanche et fait peu, ou ne peut rien faire, face aux misères sociales, alors nous saurons que le roi est nu. (…) Si Barack Obama est élu, je ferai la fête toute une journée et le lendemain, je deviendrai son principal critique. »(Le Soir, 28 octobre 2008)
Noam Chomsky, intellectuel américain
« Oui, je crois que le phénomène Obama reflète la désaffection de la population que l’on retrouve dans les sondages : 80 % pensent que le pays est dirigé par une poignée de gros intérêts. Obama annonce qu’il va tout changer, mais il ne donne aucun élément précis pour indiquer en quoi consistera le changement. En fait, les institutions financières, qui sont ses principaux bailleurs de fonds, trouvent qu’il est très bien. Il n’y a donc aucune indication de changement. »
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